Afin de montrer leur désaccord envers l'expiration de leur convention collective et l'entrée en vigueur de la Loi 10, des professionnels en soins et en enseignement ont manifesté dans les Basses-Laurentides, mardi.

Cette mobilisation provinciale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a regroupé des centaines de membres devant les divers centres hospitaliers et établissements scolaires de la région.

Faisant un clin d'œil à la demande de rattrapage salarial de 13,5 % sur trois ans souhaitée, les professionnels en santé et en éducation ont manifesté pendant 13,5 minutes. Rappelons que gouvernement offre 3 % sur cinq ans, dont un gel salarial pour les deux premières années.

« Les offres patronales du gouvernement sont méprisantes à l’égard de nos professionnelles en soins. Elles les appauvriront et réduiront de façon importante leur pouvoir d’achat. Pour ces raisons, les offres patronales concernant la rémunération, la retraite, les droits parentaux et les disparités régionales ont été rejetées lors d’une rencontre du Conseil fédéral de la FIQ en janvier », a expliqué Peter Delli Colli, porte-parole FIQ de la région Laval/Laurentides.

À la veille de changements

Il n'y a pas que l'échéance des conventions collectives qui met en rogne les professionnels de la santé, il y a également l'adoption du projet de loi 10, qui mènera à d'importants changements dans le réseau.

« Nous nous inquiétons des retombées de cette réforme. Nous ressentons déjà les impacts des compressions budgétaires dans notre région. Nous nageons dans l’incertitude quant aux changements à venir. Ça crée beaucoup d’insécurité au sein de nos professionnelles en soins. Cette réforme n’est pas un cadeau! C’est ce que nous dénonçons aujourd’hui », a déclaré M. Delli Colli.

En guise de protestation, les professionnels en soins arboreront dès demain un autocollant avec l’inscription : PL 10 – Triste jour pour le réseau de la santé.

La FIQ réitère que la réforme du réseau de la santé, alors que la précédente n’est pas complétée et qu’aucun bilan n’a été réalisé, détériorera les soins et les conditions de travail du personnel. Selon celle-ci, la nouvelle loi n’améliorera pas l’accès aux soins, ne garantira pas des économies en bout de piste, mettra la table à une privatisation accrue, favorisera la sous-traitance et entraînera le chaos dans la gestion des relations de travail.

« La FIQ a proposé des solutions afin de garder à l’emploi et d’attirer les professionnelles en soins, soit d’offrir de meilleures conditions de travail, une meilleure organisation de travail et une plus grande valorisation professionnelle. Malheureusement, la réforme ne contient rien pour les professionnelles en soin et les patient-e-s. Nous espérons que le gouvernement du Québec démontrera plus d’ouverture et d’écoute afin que nous puissions offrir des soins sécuritaires et de qualité dans un sain environnement de travail », a conclu le porte-parole.