La Couronne en appelle des 57 mois d'incarcération imposés à Mariny Chav, le 15 juillet dernier au Palais de justice de Saint-Jérôme, pour avoir causé la mort de sa belle-mère, Francine Coderre-Grégoire, à Lorraine en mars 2007.
Dans sa requête déposée le 10 août dernier en Cour d'appel, Me Steve Baribeau soutient que le juge Paul Chevalier a erré en omettant de considérer que l'homicide involontaire, dont la prévenue de 38 ans s'est reconnue coupable, « se rapprochait beaucoup plus d'un meurtre »,
Lors du procès, la Couronne réclamait 10 ans de prison, plaidant que Mariny Chav avait laissé de nombreuses marques de lacération et de strangulation sur le corps de la victime. Me Baribeau avait également rappelé dans quelles circonstances l'accusée était passée aux aveux. « Elle était dans un labyrinthe où la seule issue était de tout avouer », avait-il indiqué faisant référence au test polygraphique.
L'avocat avait également fait mention du manque de transparence de l'accusée à l'égard des faits. « Elle a vécu comme si rien n'était arrivé. Elle a déménagé dans la résidence de la victime et a poussé l'odieux en mettant ses bijoux. Quelle personne peut faire ça? Une personne sans remords. Zéro et une barre », avait-il ajouté. L'accusée avait aussi laissé la police soupçonner son mari, Stéphane Grégoire (le fils de la victime), sans rien dire.
Selon la poursuite, le juge a également allégé la peine à tort sous prétexte que M. Grégoire a « alimenté la vindicte » en accordant des entrevues aux médias.
Deux jours après le dépôt de la requête, Stéphane Grégoire s'est dit « bien content » d'aller en appel, bien qu'il ait hâte de véritablement tourner la page. « Il y a beaucoup de banalités qui sont sorties dans le rapport du juge et il y a beaucoup d'éléments [deux rapports effectués par des professionnels] qui n'ont pas été pris en compte. »
Celui-ci devra toutefois prendre son mal en patience. Selon lui, la cause ne sera pas entendue avant 2012.