La mairesse de Rosemère, Madeleine Leduc, et la députée de Groulx, Hélène Daneault, ont conjointement plaidé pour le maintien du statut de ville bilingue pour Rosemère.
Présentement à l’étude, la loi 14 donnerait l’autorisation au gouvernement de retirer le statut bilingue à une municipalité dont les résidents de langue maternelle anglaise ne sont plus majoritaires. Selon les derniers chiffres de Statistiques Canada, les anglophones représenteraient 12,8 % de la population de Rosemère.
La position de la mairesse ne peut être plus claire. « Je demande que ce retrait arbitraire de statut bilingue soit enlevé du projet de loi. Il n’est pas question de créer un débat inutile et de raviver des tensions linguistiques », a indiqué celle qui est en poste depuis décembre dernier.
Hélène Daneault, qui a quitté la mairie de Rosemère l’été dernier au profit d’une carrière politique provinciale sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ), abonde dans le même sens que sa successeure.
« Il existe une cohabitation pacifique entre les deux communautés. Pourquoi essayer de régler un problème qui n’existe pas? », a-t-elle dit. Selon elle, la promotion de la langue française, dans le respect de la communauté anglophone, n’est pas incompatible.
Les deux élues ont insisté sur le caractère historique du bilinguisme de Rosemère qui s’inscrit selon elles dans la reconnaissance de l’apport des deux communautés à la renommée de la municipalité.
Lors d’un référendum tenu en avril 1992, 78% des résidents de Rosemère s’étaient prononcés en faveur du bilinguisme.
Déposée à l’Assemblée nationale, la nouvelle Charte de la langue française est actuellement à l'étude. Les élus devraient statuer sur celle-ci dans près d’un mois. Pour l’instant, le Parti libéral du Québec et la CAQ sont en désaccords avec le projet de loi, du moins, adopté tel quel.