Publicité
23 juillet 2013 - 16:01

Il verrouille son compteur

Sensible aux champs électromagnétiques, Jacques Roberge s’oppose formellement aux nouveaux compteurs intelligents d’Hydro-Québec, au point où celui-ci a enfermé à clé son compteur électromécanique.

L’avis d’Hydro-Québec, mentionnant que le déploiement des compteurs dits de nouvelle génération allait débuter prochainement, est arrivé le 11 juillet dernier au domicile de M. Roberge, citoyen de longue date de Boisbriand.

Devant ce constat, ce dernier n’a pas perdu de temps. Il a fait construire autour de son compteur électromécanique une cabane, munie d’un cadenas à clé, auquel lui seul a accès.

Ce dernier se dit persuader que les compteurs situés à l’extérieur des domiciles seront ciblés plus rapidement au cours des prochaines semaines. « Les installateurs ne peuvent pénétrer à l’intérieur des domiciles sans consentement du propriétaire, mais peuvent très bien effectuer le changement d’appareil si le compteur est situé à l’extérieur », a noté M. Roberge.

Ce dernier s’est assuré de pourvoir l’abri d’une petite vitre. De cette façon, la lecture pourrait au besoin être effectuée.

« Maintenant, c’est comme si mon compteur était à l’intérieur de ma maison. Je doute que l’on vienne arracher ma cabane. Tu ne peux briser la propriété d’autrui », a révélé M. Roberge.

Électro-sensibilité

Jacques Roberge a commencé à militer contre les compteurs intelligents lorsqu’il a découvert il y a un peu plus d’un mois sa sensibilité aux champs électromagnétiques.

« Je me sentais souvent très fatigué. Par exemple, il m’était impossible de passer beaucoup de temps sur mon ordinateur », a-t-il expliqué.

Après avoir fait venir un spécialiste des radiations électromagnétiques, l’homme a pris la décision de retirer de son domicile tous les appareils sans fil en plus d’apporter des modifications qui allègeraient la présence de radiofréquences. Ce réaménagement a su porter ses fruits puisqu’il dit se sentir aujourd’hui beaucoup mieux.

Bataille

Dans le meilleur des mondes, Jacques Roberge conserverait son compteur électromécanique. Or ce dernier n’est pas dupe. Il est conscient que la société d’État possède un pouvoir qui est supérieur au sien et que la bataille serait difficile à remporter.

Au minimum, le citoyen souhaiterait qu’Hydro-Québec offre à ceux qui ne désirent pas le compteur intelligent des options qui n’entraînent pas des coûts, contrairement à celle proposée actuellement.

Déploiement débute

Le porte-parole d’Hydro-Québec, Patrice Lavoie, a bel et bien confirmé que le déploiement des compteurs intelligents allait s’amorcer dans plusieurs municipalités de la Couronne Nord d’ici la mi-août.

En ce qui à trait aux citoyens récalcitrants, ce dernier a été clair et concis. « Personne ne pourra conserver leur compteur électromécanique, a indiqué le représentant de la société d’État. Et selon les conditions de service, le client est tenu de rendre accessible son compteur », a poursuivi M. Lavoie.

La seule option dont peuvent se prévaloir les citoyens qui ne souhaitent pas le nouveau compteur, dit de nouvelle génération, est celle de « retrait ». À la demande du client, Hydro-Québec peut installer un compteur non communicant. Cependant, celui-ci entraîne des frais annuels de 206 $ en plus des frais d’installation de 98 $.

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion le 29 mai demandant à « Hydro-Québec d’évaluer d’autres options afin de ne pas pénaliser financièrement ses clients qui ne veulent pas de compteurs intelligents ».

Patrice Lavoie a reconnu que la société d’État était sensible à cette intervention des parlementaires, mais que la Régie de l’énergie avait autorisé l’option de retrait et ses frais qui en découlaient.

Jusqu’à maintenant, les citoyens de Bois-des-Filion, Lorraine, Rosemère et Boisbriand ont reçu l’avis d’Hydro-Québec à cet effet.

Dans les Laurentides, les municipalités de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et Saint-Colomban ont voté des résolutions demandant des moratoires sur l’installation de ce type d’appareils.

 

 

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





L'Écho de la Rive-Nord se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, L'Écho de la Rive-Nord collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.