Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Travailler avec la mort

durée 09h41
25 octobre 2010
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
email
Par Josiane Yelle

Novembre est depuis longtemps surnommé le mois des morts. La chute des feuilles et la pluie, mais surtout les célébrations de la Toussaint, le deuxième jour du mois, contribuent à perpétuer cette désignation. À l'approche de cette période de grisaille, L'Écho de la Rive-Nord s'est entretenu avec Geneviève Goyer, une thanatologue qui côtoie la mort au quotidien.

Bien qu'elle travaille dans l'entreprise familiale, Geneviève Goyer avoue d'entrée de jeu que ce choix de carrière était le sien. « C'est un métier très diversifié et le côté humain m'a attirée », explique-t-elle. La satisfaction d'aider les gens à traverser leur deuil en facilitant les arrangements a motivé sa décision.

Contrairement à la croyance, les thanatologues ne s'occupent pas uniquement des dépouilles des défunts. Le travail de conseiller aux familles entre en ligne de compte. « Notre quotidien n'est jamais pareil. Nous nous occupons des familles et de l'organisation des funérailles, nous nous chargeons du transport des corps et nous faisons l'embaumement. » Et comme la mort ne se prévoit pas, pas moyen d'avoir un horaire planifié.

S'adapter aux besoins

Bien qu'il soit facile de croire que le rituel soit semblable d'une fois à l'autre, Mme Goyer parle d'une tout autre réalité. « Nous devons constamment nous adapter aux besoins et aux demandes des familles que nous rencontrons, notamment aux différentes cultures, précise-t-elle. Récemment, une famille a même assisté à la mise au four du corps de l'un des leurs, car c'est ce que la religion de cette famille voulait», donne-t-elle en guise d'exemple.

« Il faut être à la page, continue René Goyer président des Résidences funéraires Goyer, mais aussi président de la Corporation des thanatologues du Québec. Contrairement à ce qui se faisait avant, il existe désormais plusieurs façons de disposer d'un corps et d'organiser des funérailles ». À cet effet, M. Goyer indique qu'au Québec, 50 à 60 % des corps sont embaumés et que près du même pourcentage sont incinérés au décès ou après l'exposition du corps.

Un marché comme les autres

Quoi qu'il en soit, il semble que la mort soit un sujet de moins en moins tabou et que les gens préparent davantage leur décès. « Les préarrangements funéraires sont toujours en hausse, indique à cet effet René Goyer. Et ça a de gros avantages, puisque les prix sont gelés à la signature et que ça libère d'un fardeau financier important».

Geneviève Goyer raconte d'ailleurs des funérailles où le défunt avait laissé un message vidéo à sa famille. Comme quoi tout est possible.

Il s'agit donc d'un marché comme les autres ou un vaste choix de cercueils et d'urnes sont présentés dans une « salle de montre ». Des reliquaires de toutes sortes sont également disponibles.

La tendance écologique n'échappe pas non plus au domaine funéraire. Des produits biodégradables ont désormais fait leur entrée sur le marché.

L'importance du détachement

Bien que ce ne soit pas la seule occupation, l'embaumement des corps demeure tout de même le principal défi des thanatologues. « Il y a un côté artistique très présent, indique M. Goyer. Lorsque nous devons refaire une partie d'un visage et que, lors des funérailles, les gens nous disent qu'ils garderont une belle image de la personne, on sait qu'on a bien fait notre travail ».

Malgré tout, Geneviève Goyer avoue qu'il ne faut pas qu'ils prennent la peine des gens sur leurs épaules. « Ça prend du détachement, enchaîne M. Goyer, mais c'est toujours fatigant d'embaumer des enfants qui ont l'âge des tiens ».

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié hier à 18h00

Les changements climatiques pourraient menacer les bourdons

Différents mécanismes biologiques permettent aux reines bourdons de survivre pendant plusieurs jours au printemps, quand le sol où elles ont passé l'hiver dégèle et se gorge d'eau en raison de la pluie, ont constaté des chercheurs de l'Université d'Ottawa. Les travaux de l'équipe du professeur Charles-Antoine Darveau ont ainsi démontré que les ...

Publié le 11 mars 2026

Consultation: la voix des aînés peu valorisée; l'âgisme fréquent

À peine 15 % des personnes de 55 ans et plus estiment que la société québécoise valorise la voix des aînés. Cette constatation ressort d'une consultation sur l'âgisme et l'indifférence, menée auprès de 2 688 personnes de 55 ans et plus, par Léger et l'organisme les Petits Frères. On y note aussi que seuls 29 % estiment que la société ...

Publié le 11 mars 2026

Le Collège Lionel-Groulx invite la population à sa collecte de sang

Le jeudi 20 mars, le Collège Lionel-Groulx tiendra une collecte de sang en collaboration avec son Club de secourisme et Héma-Québec. Les citoyens sont invités à venir faire un don. On rappelle que cela est un geste important et qui prend peu de temps : Une heure. Un don. Un impact réel. Ce petit geste peut faire toute la différence pour des ...