Un patient chez qui l'utilisation d'anticoagulants n'était pas appropriée a profité d'une intervention réalisée en grande première canadienne à l'Institut de cardiologie de Montréal, et qui a fait d'une pierre deux coups.
L'intervention pratiquée par le docteur Adrian Petzl a ainsi permis de s'attaquer non seulement au problème de fibrillation auriculaire du patient, mais aussi de neutraliser une structure où se forment 90 % des caillots qui peuvent ensuite être à l'origine d'un accident vasculaire cérébral.
«La procédure est plus rapide et occasionne moins d'effets secondaires», a assuré le docteur Petzl, un cardiologue-électrophysiologue d'origine autrichienne qui a choisi de poursuivre sa carrière au sein du Centre d'arythmie de l'ICM.
La fibrillation auriculaire est la forme la plus courante d'arythmie. L'ablation qui peut être pratiquée pour régler le problème augmente toutefois de manière significative le risque de voir un caillot se former, et c'est pourquoi on prescrit habituellement des anticoagulants à ces patients.
Un traitement anticoagulant à long terme pourra toutefois ne pas être approprié parce que le patient, pour différentes raisons, présente un risque hémorragique trop important. Il faut alors pratiquer deux interventions différentes, la première pour procéder à l'ablation de la fibrillation auriculaire et la deuxième pour neutraliser la structure ― l'appendice auriculaire gauche ― où prennent naissance la grande majorité des caillots.
Le docteur Petzl a tout récemment utilisé deux nouveaux appareils développés par la firme Abbott, le cathéter d’ablation à champ pulsé VOLT et le dispositif d’occlusion de l’appendice auriculaire AMULET, pour régler les deux problèmes lors d'une seule et même intervention.
«(Les patients) n'ont pas besoin d'anticoagulants à long terme parce qu'ils sont bien protégés par cet appareil, a expliqué le docteur Petzl. On peut traiter les deux choses avec une même procédure.»
L'intervention comporte de nombreux avantages pour le patient, à commencer par le fait qu'elle peut être pratiquée sous sédation, sans anesthésie générale, puisqu'elle n'est que très peu douloureuse, voire pas du tout. Cela signifie que le patient pourra, dans certains cas, obtenir son congé le jour même.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne