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Jour 29: le thème de l'immigration s'impose au lendemain du dernier débat

Jour 29: le thème de l'immigration s'impose au lendemain du dernier débat
Photo: La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La période des débats désormais passée, les cinq chefs de parti ont entamé jeudi un nouveau chapitre de la campagne électorale québécoise, alors que le vote par anticipation approche à grands pas.

Le thème de l'immigration s'est imposé au lendemain de l'ultime confrontation entre les chefs diffusée sur les ondes de Radio-Canada.

Au 29e jour de la campagne, Charles Milliard, du Parti libéral du Québec (PLQ), s'est attaqué à son rival péquiste. Il a soutenu que «l'entêtement» de Paul St-Pierre Plamondon à vouloir réduire significativement l'immigration «nuit au Québec».

Le Parti québécois (PQ) fixerait à 35 000 le seuil d'immigration permanente et ferait passer de 500 000 à environ 250 000 le nombre d'immigrants temporaires sur le territoire.

Les libéraux, eux, accueilleraient entre 45 000 et 70 000 immigrants permanents par année et garderaient tous les immigrants temporaires.

Le chef libéral n'a pas manqué de ramener l'histoire du candidat du PQ dans Sherbrooke, Gabriel Pallota, qui a critiqué, lors d'un débat régional lundi, le discours de son propre parti en immigration.

Même les candidats péquistes «s'opposent en ce moment» à leur chef, a raillé M. Milliard.

M. Pallota a dit lors du débat: «je vais vraiment travailler fort pour assainir le discours», assurant que «moi et mes 30, 40 autres collègues qui en parlent déjà en arrière-plan, on va arranger ça».

Mercredi, il a rétropédalé, déclarant avoir «inventé» une histoire dans un instant de «panique», «sous la pression et l'hostilité potentielle».

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, s'en est prise pour sa part à son rival conservateur. Elle a critiqué le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), qui a évoqué, lors du débat de mercredi soir, son intention d'expulser 70 000 demandeurs d'asile du Québec.

«Éric Duhaime rompt avec une tradition d'accueil et de générosité du Québec», a déclaré Mme Ghazal en ajoutant que «les solutions simplistes» ne «fonctionnent pas» lorsqu'il s'agit de gérer les questions liées à l'immigration et aux demandes d'asile.

M. Duhaime a quant à lui réitéré, jeudi, sa volonté d'expulser 70 000 demandeurs d'asile.

«Québec représente 23 % de la population du Canada et on accueille 37 % des demandeurs d'asile, ce qui est énormément plus que notre poids démographique», a-t-il dit, évoquant aussi les ressources auxquelles ont droit ces personnes pour faciliter leur établissement au Québec.

La cheffe de la Coalition avenir, Christine Fréchette, a annoncé vouloir demander plus de pouvoirs en immigration au gouvernement fédéral si son gouvernement est reporté au pouvoir le 5 octobre prochain.

Actuellement, le Programme de mobilité internationale (PMI) pour les travailleurs étrangers temporaires est géré uniquement par Ottawa. Or, Mme Fréchette souhaite avoir une «partie» ou «l’entièreté» de la responsabilité dans la gestion de ce programme.

La première ministre sortante veut «un mécanisme de répartition» des demandeurs d’asile et un remboursement des frais annuels associés à ces demandeurs. Elle veut aussi que le fédéral réduise le temps de traitement de leur dossier.

«Il faut que ça change au Canada parce que pendant ce temps-là, c'est le Québec, particulièrement, qui assume une trop grande part de responsabilité au nom du Canada pour accompagner ces personnes», a affirmé Mme Fréchette.

Son prédécesseur, François Legault, avait vu sa demande d'obtenir les pleins pouvoirs en immigration refusée par le fédéral.

Intelligence artificielle, soins à domicile et indépendance

Pour le chef du PQ, la journée en était une principalement de rencontres. M. St-Pierre Plamondon s'est d'abord entretenu avec la présidente de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Magali Picard, qui a aussi déjà échangé avec Mme Ghazal et M. Milliard au cours de la campagne.

Le chef péquiste s'est par la suite rendu à l'hôtel de ville de Montréal pour un tête-à-tête avec la mairesse Soraya Martinez Ferrada.

Plus tôt dans la journée, le PQ s'est engagé à créer un comité d'experts et d'encadrement de l'intelligence artificielle (IA) pour «évaluer les opportunités et les impacts potentiels de cette technologie» sur l'ensemble de la société québécoise.

Il promet ensuite de mettre en œuvre les recommandations du comité «en nous inspirant également des meilleures pratiques ailleurs dans le monde».

Le PQ soutient que son comité serait d'abord responsable d'évaluer les conséquences de cette technologie sur des «secteurs prioritaires», dont l’école, le travail, les entreprises et l'appareil gouvernemental.

Le PLQ s'est aussi engagé à adopter un «encadrement de l’IA dans le domaine public et privé qui sera basé sur le principe de transparence».

Pour sa part, le PCQ a proposé d’ajouter 6,1 millions d’heures annuelles de soins et de services à domicile d’ici 2030, pour offrir aux aînés la dignité de vieillir chez eux.

Il porterait ainsi à 46,5 millions le nombre d’heures de soins et de services livrés à domicile annuellement d’ici 2030.

Un document transmis aux médias par la formation politique indique que ces mesures, évaluées à 285 millions $, seront financées par «250 M$ de crédits additionnels récurrents» et «35 M$ provenant de simplifications administratives et de redéploiements vers les services directs aux aînés».

QS a de son côté réitéré, jeudi, son plan pour «une indépendance inclusive». Elle se ferait au terme d’un premier mandat, après trois étapes, selon la vision solidaire.

La première consiste à créer une «une assemblée constituante en collaboration avec les Premiers Peuples».

QS adopterait ensuite «la nouvelle Constitution du Québec indépendant par référendum au terme du processus de consultation populaire» et déclarerait l’indépendance au lendemain d’un référendum victorieux.

Le vote par anticipation est prévu dimanche et lundi. Le jour du scrutin aura lieu le 5 octobre.

— Avec des informations de Caroline Plante, Stéphane Blais, Thomas Laberge et Patrice Bergeron de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne