Le «Chat dans le chapeau» ayant poursuivi une fille de C.-B. était une tendance
Un incident inquiétant, au cours duquel une personne vêtue d’un costume du «Chat dans le chapeau» a poursuivi une adolescente à West Kelowna, en Colombie-Britannique, s’est produit dans le contexte d’une tendance internet qui transforme ce personnage populaire pour enfants en une figure sinistre.
Les forces de police de certains secteurs ont mis en garde contre des conséquences d'une telle tendance dans la vie réelle.
Si l’incident survenu le mois dernier dans la région de l’Okanagan s’est produit dans la vie réelle et a déclenché une enquête de la Gendarmerie royale du Canada, la tendance «Chat dans le chapeau» sur les réseaux sociaux consiste généralement en des représentations générées par l’IA du personnage et de son chapeau rayé rouge et blanc caractéristique, se tenant devant des écoles, des maisons ou d’autres lieux.
Parmi les publications, on trouve des vidéos TikTok totalisant des milliers de vues et montrant le personnage devant des écoles ou des centres commerciaux de Colombie-Britannique.
D’autres publications mentionnent les noms de personnes et de leurs établissements scolaires, accompagnés de messages à l’écran, comme «à bientôt» ou «bye bye».
Accompagnées de légendes telles que «fais attention» ou «c’est ton tour», ces images inquiétantes ont conduit la police à avertir que ces publications pourraient avoir des conséquences dans la vie réelle si elles allaient trop loin.
Cette semaine, le district scolaire de Nechako Lakes, en Colombie-Britannique, a déclaré être au courant de cette tendance et a demandé aux membres de la communauté de signaler ces publications à la police.
Le sergent-chef Kris Clark, porte-parole de la GRC en Colombie-Britannique, a indiqué que la police était au courant de cette tendance, notamment d'un cas survenu à Fort St James, dans le district scolaire de Nechako Lakes, ainsi que de l'incident de West Kelowna du 24 août, décrit mardi par la police.
M. Clark a précisé qu’il n’avait «pas connaissance d’autres incidents survenus dans les zones de compétence de la GRC de Colombie-Britannique».
En ce qui concerne le caractère criminel de ces faits, «cela dépendrait de l’ensemble des circonstances et de l’existence de preuves suffisantes, avant qu’une évaluation en vue de l’approbation des poursuites puisse être effectuée», a-t-il noté.
«D’une manière générale, d’après ce que j’ai pu constater, certaines infractions potentielles pourraient relever de la menace ou du harcèlement criminel; toutefois, de nombreuses autres infractions pourraient être envisagées en fonction des preuves disponibles.»
Une «farce inquiétante»
La GRC de West Kelowna avait indiqué que la «farce inquiétante» du mois dernier pourrait relever du harcèlement criminel, et que d’autres chefs d’accusation pour voies de fait, menaces ou intimidation, pourraient être envisagés si les preuves le justifiaient.
«Que l’individu ait ou non voulu que ce comportement soit une blague, suivre une jeune et lui faire craindre pour sa sécurité est extrêmement préoccupant», a déclaré le caporal Devon Gerrits dans un communiqué, accompagné d’une photo du personnage prise de nuit.
«Les gens doivent comprendre qu’un comportement présenté comme une farce peut avoir de graves conséquences lorsqu’il amène une autre personne à craindre raisonnablement pour sa sécurité.»
La police du Tennessee a pour sa part indiqué qu’un élève avait été arrêté pour avoir proféré des menaces contre des biens scolaires au moyen d’une publication générée par IA représentant le «Chat dans le chapeau», tandis qu’un adolescent du Colorado a été inculpé de harcèlement pour une publication similaire, laissant entendre que le personnage apparaîtrait devant un collège et devant des domiciles.
Le personnage du «Chat dans le chapeau» est apparu pour la première fois dans le livre du même nom de Theodor «Dr Seuss» Geisel en 1957, mais la version costumée que l’on voit dans les vidéos semble s’inspirer du film de 2003, avec l’acteur canadien Mike Myers.
Une publication virale annonçant la mise aux enchères du costume du film pourrait avoir déclenché cette tendance inspirée de l'horreur, certains internautes le trouvant inquiétant et le décrivant comme une «source de cauchemars».
Marissa Birnie, La Presse Canadienne

