Accès à un médecin: scepticisme face au projet de loi 19 de la ministre Bélanger

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Le gouvernement Legault a «déclaré forfait» devant les médecins de famille et ce sont les patients qui risquent d'en payer le prix, déplore le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU).
L'organisme s'adressera mercredi après-midi à la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi 19, qui réécrit la controversée loi 2.
Cette loi avait provoqué l'ire des médecins l'automne dernier, car elle changeait leur mode de rémunération, leur imposait des cibles de performance et les menaçait de sanctions.
Le projet de loi 19 reflète l'entente qui a été conclue subséquemment avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le virage à 180 degrés du gouvernement.
Il y est inscrit que le gouvernement veut «favoriser l'atteinte d'une cible d'augmentation du nombre d'inscriptions individuelles et collectives total de 500 000 personnes d'ici le 30 juin 2026, dont 180 000 patients vulnérables».
L'inscription volontaire de nouveaux patients s'accompagnera d'un incitatif de 75 millions $. Le gouvernement bonifie également de 435 millions $ l’enveloppe de rémunération des médecins de famille.
La semaine dernière, alors que la ministre Bélanger parlait de «prise en charge» pour 500 000 patients, le président de la FMOQ, le Dr Marc-André Amyot, parlait, lui, de 500 000 rendez-vous qui seraient offerts, a souligné l'opposition libérale.
«Qu'elle dise la vérité, a lancé mercredi matin le chef parlementaire du Parti libéral, Marc Tanguay. Cinq cent mille rendez-vous, ce n'est pas la même chose que 500 000 prises en charge de patients.»
«Nous comptons sur vous, comme législateur, afin que le projet de loi 19 ne soit pas une abdication», peut-on lire dans le mémoire du RPCU.
De son côté, le Conseil pour la protection des malades dit constater, à la lecture du projet de loi 19, que celui-ci «sauve les meubles» et «sauve le départ annoncé de centaines de médecins».
Toutefois, «on est évidemment loin des 1,5 million de patients orphelins et de leur inscription automatique auprès d'un GMF ou d'un CLSC. On aurait pu faire mieux sans doute et on aurait pu faire pire», écrit-il dans son mémoire.
Les consultations particulières sur le projet de loi 19 dureront à peine deux heures, en l'absence de la FMOQ, a déploré le député péquiste Joël Arseneau en mêlée de presse mercredi matin.
«Ce n'est pas le temps pour les médecins de se défiler», a-t-il dit. «Je suis très inquiet de ne voir, dans la pièce législative, aucune garantie pour les patients du Québec», a ajouté le député Guillaume Cliche-Rivard, de Québec solidaire.
L'agence Santé Québec ne participera pas non plus à l'exercice. «Nous sommes déjà en contact avec les différentes parties prenantes pour la mise en œuvre projetée», a déclaré à La Presse Canadienne son porte-parole Yann Langlais Plante.
«Nous laissons les parlementaires faire leur travail et entendre les groupes qui souhaitent contribuer aux orientations législatives», a-t-il ajouté.
Caroline Plante, La Presse Canadienne