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Des députés conservateurs lancent une collecte de fonds pour les réfugiés 2ELGBTQI+

durée 21h41
24 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

5 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Deux députés conservateurs estiment que l'organisation d'une croisière de collecte de fonds en faveur des réfugiés 2ELGBTQI+ constitue un moyen concret pour le parti de faire progresser les droits des minorités sexuelles et de genre.

«Nous sommes tous des créatures de Dieu, nous sommes tous aimés, et nous méritons tous d’être aimés et de nous sentir en sécurité, a déclaré Scott Aitchison à La Presse Canadienne. Je crois qu’il est important pour nous tous — non pas de prêcher cela, mais de le démontrer.»

M. Aitchison est député de Parry Sound—Muskoka, une circonscription prisée des Torontois propriétaires de résidences secondaires.

Vendredi dernier, il a annoncé l’organisation, le 15 juillet, d’une croisière de collecte de fonds au profit de Rainbow Railroad, une organisation qui aide à la réinstallation au Canada et dans d’autres pays de personnes 2ELGBTQI+ persécutées à travers le monde.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, lui et la vice-présidente du Parti conservateur, Melissa Lantsman, qui est ouvertement lesbienne, ont exhorté le public à acheter des billets à 150 $.

La vidéo a suscité à la fois des éloges, des grognements face à la crise du pouvoir d’achat et des critiques concernant les relations du parti avec la communauté 2ELGBTQI+.

M. Aitchison a expliqué que l’idée lui était venue après un voyage au Kenya en janvier 2023, organisé par l’association à but non lucratif Results Canada, afin de découvrir le travail mené dans le cadre de l’Initiative de Muskoka de 2010, un pacte en matière de santé que le gouvernement de Stephen Harper avait signé avec d’autres pays du G8 lors d’un sommet organisé dans la circonscription de M. Aitchison.

M. Aitchison a expliqué qu’après avoir écouté des spécialistes de la santé maternelle et infantile et rencontré des militants 2ELGBTQI+ au Kenya, il avait été «très impressionné» par leur travail visant à «littéralement sauver la vie des gens face à la haine institutionnalisée».

«La plupart des Canadiens ne se rendent probablement pas compte qu’il existe plus de 60 pays où il est encore illégal d’être soi-même, que l’on soit homosexuel, trans ou lesbienne, a-t-il souligné. Franchement, c’est illégal et c’est terrifiant. Ces personnes ne se sentent pas en sécurité chez elles.»

M. Aitchison a expliqué qu’il avait promis d’aider à collecter des fonds pour Rainbow Railroad, mais qu’il avait été accaparé par les élections de 2025 et d’autres obligations.

L’idée derrière cette croisière de deux heures sur le lac Muskoka, a-t-il expliqué, est d’élargir la base de donateurs de Rainbow Railroad au-delà des grandes villes. L’objectif est d’accueillir 125 passagers et de récolter entre 20 000 et 25 000 $ grâce à la vente de billets et aux dons, ainsi que d’envisager de futures actions pour soutenir l’association.

Des droits en recul dans une grande partie du monde

En mai, le Parlement ghanéen a adopté un projet de loi prévoyant des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans pour les personnes promouvant des activités 2ELGBTQI+. En mars, le Sénégal a ratifié une loi qui double les sanctions pour les actes homosexuels et prévoit des peines d’emprisonnement pour le soutien financier apporté aux organisations 2ELGBTQI+.

Les militants affirment qu’il existe de timides signes de progrès, comme la décision de la Thaïlande de légaliser le mariage entre personnes de même sexe l’année dernière.

M. Aitchison a dit avoir rencontré des députés kenyans qui ont choisi de ne pas soutenir les mesures visant à restreindre l’expression de la communauté 2ELGBTQI+. Il a fait valoir que les Canadiens peuvent montrer au monde la voie vers l’égalité sans donner de leçons aux autres.

«Il est important que des organisations comme Rainbow Railroad, mais surtout les dirigeants politiques du monde entier ne se contentent pas de prêcher, mais montrent l’exemple», a-t-il assuré.

M. Aitchison ne s’identifie pas comme 2ELGBTQI+, mais il est membre du Pride Caucus, un groupe multipartite composé de députés et de sénateurs qui œuvrent à la promotion des droits des minorités sexuelles et de genre.

«Ce n’est pas une question partisane. Je pense que les gens doivent se sentir en sécurité et acceptés tels qu’ils sont, et cela ne devrait pas relever de la politique, a-t-il dit. Utiliser les gens pour tenter de semer la division à des fins politiques me semble tout à fait déplorable.»

Il a ajouté que ce travail ne détournait pas l’attention de l’objectif politique principal de son parti, à savoir les préoccupations des Canadiens en matière d’accessibilité financière.

Le Parti conservateur entretient des relations tendues avec d’éminents défenseurs de la cause 2ELGBTQI+, dont certains ont critiqué le chef conservateur Pierre Poilievre pour ne pas avoir participé aux défilés de la Fierté et pour ne pas s’être opposé aux politiques provinciales qui obligeraient les écoles à informer les parents si leur enfant changeait de nom ou d’identité de genre.

M. Poilievre s’est élevé contre la persécution des personnes 2ELGBTQI+ à l’étranger et a soutenu les efforts du gouvernement Harper visant à accueillir certaines d’entre elles en tant que réfugiés. En juin 2023, il a déclaré que le Canada promettait «une vie à l’abri du sectarisme et des agressions, la liberté d’être jugé sur sa personnalité — et non sur son appartenance à un groupe».

À l’automne 2023, La Presse Canadienne a obtenu un message envoyé aux députés du groupe parlementaire de M. Poilievre leur demandant de ne pas publier de messages en ligne ni de s’exprimer dans les médias au sujet des manifestations concurrentes organisées sur la colline du Parlement concernant la manière dont les écoles traitent les questions 2ELGBTQI+ et ce que la note de service qualifiait de «droits parentaux».

À l’époque, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés dans des villes à travers le pays pour des rassemblements opposés concernant la manière dont les écoles abordent la sexualité et l’identité de genre.

M. Aitchison a expliqué que certains députés avaient peut-être évité de publier sur les réseaux sociaux qu’ils participaient à des événements de la Fierté, voire supprimé de telles publications, en raison de «l’attention négative et répugnante» que suscitent ces sujets en ligne.

«Je n’ai jamais reçu d’instructions de la part de Pierre Poilievre ni de quiconque au sein de notre parti m’interdisant de participer à un événement de ce type, ni d’aller à un pique-nique de la Fierté ou à un événement de la Fierté», a-t-il déclaré.

«Participer à un défilé de la Fierté ne vous rend ni plus ni moins tolérant envers les personnes 2ELGBTQI+», a-t-il ajouté, laissant entendre que la croisière pouvait contribuer davantage à faire évoluer les choses sur le terrain.

Dans un courriel, Mme Lantsman a indiqué que, même si M. Aitchison devait s’exprimer lors de l’événement en tant qu’hôte, l’idée était d’aller au-delà du simple symbolisme.

«C’est un honneur de participer à cette initiative à ses côtés et d’utiliser nos tribunes pour agir de manière concrète et tangible en faveur de la liberté de la communauté 2ELGBTQI+ là où cela aura le plus d’impact», a-t-elle écrit.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne