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Entente de Churchill Falls: Fréchette garde espoir

durée 21h38
27 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

WASHINGTON — À quelques jours d'une échéance importante, la première ministre Christine Fréchette a bon espoir que Terre-Neuve-et-Labrador va avaliser un partenariat avec le Québec pour un futur développement hydro-électrique au Labrador.

Un comité d'experts mandaté par le gouvernement terre-neuvien devrait remettre sous peu, en principe autour du jeudi 30 avril, son opinion sur un protocole d'entente signé entre les deux provinces en décembre 2024.

Le Québec compte sur cette entente de plusieurs dizaines de milliards pour augmenter son approvisionnement en électricité au moins jusqu'en 2075, mais le gouvernement progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador a déjà évoqué qu'il souhaitait un meilleur contrat.

«J'espère que le rapport conclura que c'est une entente équitable et bénéfique pour le Québec et pour Terre-Neuve», a affirmé Mme Fréchette, dans une mêlée de presse en marge d'une visite officielle à Washington lundi soir.

À l'origine c'est le prédécesseur de Mme Fréchette, François Legault, qui a signé un protocole d'entente avec le précédent gouvernement libéral terre-neuvien d'Andrew Furey en décembre 2024.

M. Legault voulait ainsi, à la fois, régler un vieux contentieux entre les deux provinces concernant l'exploitation de la centrale hydro-électrique actuelle de Churchill Falls, mais aussi, investir pour augmenter la production.

Les deux parties s'étaient données jusqu'à avril 2026 pour en arriver à une entente finale, mais les élections d'octobre 2025 ont porté au pouvoir les progressistes-conservateurs de Tony Wakeham, qui ont critiqué l'entente et jugé l'échéance «arbitraire».

C'est le premier ministre Wakeham qui a mis en place le comité d'experts.

Le projet d'entente vise notamment à remplacer l'accord actuel 1969-2041 d'exploitation commune de la centrale que Terre-Neuve juge injuste.

Actuellement, Hydro-Québec achète ainsi à 0,2 cent le kilowatt/heure de l'électricité qu'elle revend ensuite à prix fort.

En vertu du projet d'entente sur la table, dans un premier temps, Hydro-Québec augmenterait graduellement la redevance pour qu'elle atteigne 6 cents le kWh, soit 30 fois plus que le prix actuel.

Dans un deuxième temps, il y aurait un chantier pour augmenter la puissance de la centrale de Churchill Falls, mais aussi pour une deuxième centrale à proximité, ainsi qu'une centrale en aval du fleuve Churchill à Gull Island, des projets évalués à plusieurs milliards de dollars.

Le Québec aurait ainsi accès à 7200 MW additionnels pour combler ses besoins, notamment pour décarboner son économie conformément aux accords internationaux de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Actuellement, la puissance de Churchill Falls est de 5400 MW et elle fournit 15 % de l’électricité d’Hydro-Québec.

Avant d'être vaincus aux élections de 2025, les libéraux terre-neuviens affirmaient que la proposition, si elle était finalisée comme prévu en avril 2026, allait rapporter à la province plus de 225 milliards $ au cours des 50 prochaines années.

C'est un pactole considérable pour la province, qui affiche la dette nette par habitant la plus élevée du pays.

François Legault avait déjà indiqué qu'il souhaitait une contribution d'Ottawa pour financer les lignes de transport d'électricité supplémentaires nécessaires.

En décembre dernier, dans une entrevue de fin d'année avec La Presse Canadienne, Christine Fréchette, qui était alors ministre de l'Économie et de l'Énergie, avait suggéré qu'une défaite de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux élections de 2026 pourrait mettre en péril l'entente avec Terre-Neuve-et-Labrador.

Elle avait aussi soutenu que si le projet d’accord avortait, le Québec avait un «plan B» et un «plan C», mais que ces autres solutions coûteraient plus cher à mettre en œuvre.

M. Wakeham avait pour sa part dit qu'il ne craignait pas l'élection éventuelle d'un gouvernement du Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon au scrutin général de 2026.

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne