Exception religieuse: «Je n’ai plus confiance», dit Blanchet au sujet des libéraux

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le chef bloquiste Yves-François Blanchet dit avoir perdu confiance que le libéraux de Mark Carney respecteront leur entente avec sa formation politique afin d'éliminer du Code criminel ce que le Bloc québécois appelle «l'exception religieuse».
L'accord entre les partis a mené à l'adoption, en comité parlementaire, d'un amendement au projet de loi C-9 du gouvernement, qui a pour but de criminaliser le fait d'entraver l'accès à un lieu de culte.
Depuis que cet amendement sur l'abandon de l'exception religieuse a été entériné en décembre, le comité se penchant sur C-9 a mis de côté l'étude article par article de la pièce législative. Les libéraux avaient alors acquiescé à une demande des conservateurs de plutôt faire avancer un autre projet de loi, C-14.
Après cette pause, l'étude article par article de C-9 devait reprendre lundi, mais la réunion du comité a été annulée à la dernière minute.
Le même jour, CBC rapportait qu'il y avait des pourparlers entre libéraux et conservateurs devant permettre l'adoption de ce projet de loi. Or, les troupes de Pierre Poilievre s'opposent vigoureusement à l'amendement sur l'exception religieuse puisqu'elles estiment que cela brime la liberté de religion.
Selon M. Blanchet, les libéraux vont de tergiversation en tergiversation. «Je n’ai plus confiance», a résumé le chef bloquiste, mardi.
«On est vraiment sur le bord de reprendre notre projet de loi à nous sur la fin de l'exception religieuse, de le redéposer et de dire ''OK, vous n'avez pas été fiables, les Québécois vont prendre note que vous n'avez pas été fiables et on va agir''», a-t-il ajouté.
L'exception religieuse est cette disposition du Code criminel qui permet à une personne accusée de fomenter la haine d'être acquittée parce qu’elle a, «de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel (elle) croit, ou a tenté d’en établir le bien-fondé par argument».
Le ministre de la Justice, Sean Fraser, s'est dit disposé, mardi matin, à répondre à des craintes des conservateurs. «Nous serions prêts à indiquer textuellement dans le projet de loi que la promotion volontaire de la haine n'inclut pas la lecture de textes religieux ou la pratique ordinaire de la foi», a-t-il dit en se rendant à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.
Or, selon lui, les conservateurs semblent vouloir s'opposer bec et ongles à C-9 et recommencer à user de tactiques d'obstruction pour retarder l'étude du projet de loi.
Le leader parlementaire des conservateurs, Andrew Scheer, a indiqué en mêlée de presse qu'il avait des discussions régulières avec son vis-à-vis libéral, Steven MacKinnon, au sujet de plusieurs projets de loi, dont C-9.
Il a toutefois semblé peu porté à croire qu'un compromis soit possible sur la question de l'exception religieuse.
Il s'est toutefois dit ouvert à faire adopter une mouture de C-9 qui porterait uniquement sur la criminalisation du fait d'entraver l'accès à un lieu de culte.
- Avec des informations de Michel Saba
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne