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La fête du Canada suscite des sentiments opposés en Alberta

durée 11h22
1 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

EDMONTON — Alors qu'un référendum provincial sur l'avenir de l'Alberta au sein du Canada se profile à l'horizon, les fédéralistes et les séparatistes espèrent que les Albertains prendront le temps, en cette fête du Canada, de réfléchir à ce que le pays a fait pour eux.

Thomas Lukaszuk, l’ancien vice-premier ministre qui a lancé une pétition en faveur du statu quo l’année dernière, souhaite que les Albertains apprécient la liberté que le Canada offre à ses résidents et reconnaissent que le pays fait figure de modèle à l’échelle mondiale.

Keith Wilson, un avocat militant en faveur de l’indépendance de la province, estime quant à lui que les Albertains devraient prendre conscience de leurs difficultés financières et réfléchir aux manœuvres politiques nécessaires pour qu’Ottawa accepte d’autoriser l’exploitation et le transport des ressources pétrolières, qui constituent le poumon économique de l’Alberta.

Le 19 octobre, les électeurs devront décider s’ils souhaitent que la province reste au sein du Canada ou s’ils veulent lancer le processus menant à un deuxième scrutin contraignant sur la sortie de la Confédération. Plusieurs groupes se sont formés pour tenter d’influencer l’opinion publique.

À son grand dam, M. Lukaszuk a repris la route à bord de ce qu’il appelle «la roulotte de l’unité». Le véhicule récréatif orné du motif de la feuille d’érable qu’il avait utilisé pour sa campagne de pétition sillonne désormais l’Alberta afin qu’il puisse distribuer des pancartes en faveur du Canada.

Sa pétition, qui a recueilli plus de 400 000 signatures, appelait la première ministre Danielle Smith à éviter un référendum et à inscrire dans la politique provinciale que la séparation n’était pas à l’ordre du jour.

Lorsqu’un juge a rejeté le mois dernier une pétition concurrente en faveur d’un référendum séparatiste, Mme Smith a invoqué le nombre de signatures recueillies par M. Lukaszuk et les 300 000 signatures revendiquées par les séparatistes pour affirmer qu’elle estimait qu’un nombre suffisant d’Albertains souhaitaient que la question soit tranchée une fois pour toutes.

Elle a déclaré que, même si elle votera pour que l’Alberta reste au sein du Canada, nombreux sont ceux qui nourrissent depuis une décennie une liste de griefs à l’encontre d’Ottawa concernant ses politiques énergétiques et environnementales.

M. Lukaszuk garde espoir que Mme Smith annule le référendum.

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un «moment de prise de conscience» pour les Albertains, selon lui. «Il arrive un moment, pour chaque génération, où nous devons défendre nos convictions, faire preuve de courage et ne pas laisser les forces négatives l’emporter simplement à cause de l’apathie», a déclaré M. Lukaszuk.

Il prévoit de se rendre à Edmonton pour une célébration en soirée. Entre-temps, il fera une halte dans une brasserie de Red Deer pour dévoiler une nouvelle bière portant son message «Forever Canadian» («Canadien pour toujours»).

M. Wilson assistera lui aussi à une célébration, mais celle-ci vise plutôt à promouvoir l’indépendance de l’Alberta.

Il passera la fête du Canada à Mirror, à l’est de Red Deer, où le propriétaire d’un café, également partisan de la sécession, organise un «Albertans’ Day Rally» («Rassemblement de la Journée des Albertains») avec des discours, des concerts et de l’animation pour les enfants.

«C’est un événement typique de la fête du Canada, mais sur le thème de l’Alberta», a-t-il souligné.

En réfléchissant au 159e anniversaire du Canada, M. Wilson éprouve à la fois de la tristesse et de l’espoir.

«La tristesse vient du fait que le Canada a tellement changé. Le Canada n’est plus le pays qu’il était autrefois sur le plan économique ainsi qu’en matière de qualité de vie, d’accessibilité financière, en plus de la capacité des gens à réaliser leur potentiel. Pour moi-même et pour beaucoup d’autres personnes en Alberta, nous nous demandons ce que pourrait devenir l’Alberta», a-t-il indiqué.

Mark Carney et Mme Smith espèrent que les Albertains parviendront à la conclusion inverse.

Le premier ministre doit se rendre à Edmonton, où il devrait prendre la parole lors d’un événement organisé à l’occasion de la fête du Canada. Mme Smith prévoit quant à elle d’être à Calgary pour célébrer à Spruce Meadows, un complexe dédié aux sports équestres et au divertissement.

Jeudi, la première ministre doit faire une annonce concernant le projet de pipeline vers la côte ouest proposé par son gouvernement. Elle a présenté ce projet et l’accord énergétique conclu avec M. Carney comme la preuve que les Albertains ne devraient pas tourner le dos au Canada.

M. Wilson croit que le fait même qu’un accord énergétique soit nécessaire prouve que la Confédération ne fonctionne pas.

«Ottawa contrôle l’Alberta et freine notre prospérité», a-t-il affirmé.

Jack Farrell, La Presse Canadienne