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La fonderie Horne émet 87 % des rejets d’arsenic au Québec

durée 14h08
3 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Selon les dernières données disponibles, 87 % de tous les rejets d’arsenic au Québec proviennent de la fonderie Horne à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.

RevolvAir, une organisation qui vise à sensibiliser les citoyens aux enjeux de qualité de l'air, a compilé les rejets d’arsenic des industriels de la province à partir des dernières données publiques de l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP).

Les résultats montrent que la fonderie Horne est responsable de la quasi-totalité des émissions industrielles d’arsenic dans l’air au Québec.

Sur les 16,3 tonnes d’arsenic rejetées par des industries en 2024, 14 tonnes provenaient de la fonderie Horne, donc 87 %.

Le fondateur de l’initiative citoyenne RevolvAir note que les rejets d’arsenic par la fonderie Horne sont en progression dans les dernières années.

«Si on arrondit à l’unité, c’est autour de 12 tonnes en 2023, 14 tonnes en 2024 et en 2025, les dernières données nous indiquent à peu près 20 tonnes», a expliqué Guillaume Simard.

Des données incomplètes pour 2025

La fonderie a déclaré avoir rejeté 20 tonnes d’arsenic en 2025, soit 6 tonnes de plus qu’en 2024, mais on ignore pour l’instant quelle proportion cela représente pour l'ensemble du Québec, car toutes les données n’ont pas encore été rendues publiques pour l'année 2025.

Même si les rejets de la fonderie Horne sont en progression depuis les dernières années, Guillaume Simard note que la quantité d’émissions de l’entreprise qui appartient à la multinationale Glencore a tout de même diminué de façon importante depuis 30 ans.

«En 2001, la fonderie émettait 100 tonnes d’arsenic», note celui qui est également enseignant au cégep de Sainte-Foy.

La fonderie Horne est aussi la principale source de rejets d’arsenic au Canada.

Sur les 33 tonnes d’arsenic qui ont été émises par des industriels au Canada en 2024, 14 tonnes provenaient de la fonderie de Rouyn-Noranda.

Démocratiser l’accès aux données environnementales

L’organisation RevolvAir, fondée en 2022, développe des stations intelligentes d’analyse de la qualité de l’air pour mesurer, par exemple, les particules fines PM2.5, PM10 et le CO2, et ainsi permettre aux écoles, aux municipalités ou aux citoyens de suivre l’évolution de la qualité de l’air dans leur environnement.

Mais l’organisation compile également des données publiques sur la qualité de l’air et tente de les rendre plus compréhensibles pour les citoyens.

«On prend les données de l’Inventaire national des rejets de polluants, qui sont parfois un peu 'drabes' et difficiles à comprendre» et «on les transforme en graphique» ou en «cartes interactives», a expliqué Guillaume Simard, qui s’est donné la mission de démocratiser l’accès aux données environnementales.

«On aurait le droit normalement d'avoir un environnement sain pour nos enfants. Plus on diminue ces polluants atmosphériques dans l'eau, dans l'air, meilleure notre santé va être.»

Au Québec, la pollution de l’air est associée à 4000 décès prématurés par année, selon un rapport de Santé Canada datant de 2021. Cela engendre des coûts de plus de 30 milliards $ par année pour le réseau de la santé québécois, indique le document.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne