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Langue française: la CAQ ignore le commissaire qu'elle a elle-même nommé

durée 13h20
5 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Le gouvernement Legault n'a pas tenu compte de l'avis du Commissaire à la langue française (CLF) avant de publier sa nouvelle vision économique en novembre 2025.

Le CLF est un poste que le gouvernement a lui-même créé en 2022 pour «surveiller l'évolution de la situation linguistique au Québec et freiner le déclin du français».

Or, dans son nouveau rapport publié jeudi, le commissaire Benoît Dubreuil souligne que le gouvernement ne l'a pas écouté avant de publier «Le pouvoir québécois: réponse au nouveau contexte mondial».

«Nous avons recommandé au gouvernement du Québec de réviser ses mécanismes de soutien au développement économique dans le but d'y intégrer les considérations linguistiques», écrit-il.

«Nos vérifications auprès des responsables gouvernementaux nous ont permis de confirmer que les répercussions linguistiques potentielles n'ont pas été prises en compte dans l'élaboration de la nouvelle vision économique du Québec», ajoute-t-il.

Pour combler cette «lacune», M. Dubreuil a choisi de mener une étude sur les «risques linguistiques découlant de l'approche gouvernementale».

Il rappelle que les interventions gouvernementales dans l’économie influencent la situation linguistique en transformant les contextes de travail et en modifiant la demande de main-d'œuvre.

Par exemple, dit-il, le gouvernement caquiste a adopté en décembre le principe de «souveraineté numérique», qui consiste à prioriser les fournisseurs locaux, dans le but de protéger les données québécoises.

Ce secteur du traitement et de l'hébergement de données, qui fait partie de la vision économique du gouvernement, pourrait donc connaître une forte croissance au cours des prochaines années.

Toutefois, «la situation du français dans ce secteur est très problématique, non seulement dans la région de Montréal, mais également ailleurs au Québec», peut-on lire dans le rapport Dubreuil.

En 2021, 18 % de la main-d'œuvre de ce secteur ne connaissait que l'anglais, alors que seulement 5 % ne connaissait que le français.

Le commissaire invite le gouvernement à «une grande prudence» et lui demande de «s'assurer de la présence d'une main-d'œuvre susceptible d'utiliser le français».

«Un petit nombre de travailleurs ignorant le français peut suffire à faire basculer un milieu de travail vers un usage prédominant de l'anglais», prévient-il, notamment.

Les autres secteurs où la vitalité du français est considérée «fragile», voire «compromise», sont: l'aéronautique, la conception de systèmes informatiques, ainsi que la recherche et le développement scientifiques.

En revanche, les secteurs ciblés par la vision du gouvernement où le français a une bonne vitalité sont, entre autres: la construction, la production d'électricité et la fabrication.

Caroline Plante, La Presse Canadienne