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Les conservateurs demandent une enquête sur le programme PrescripTIon

durée 17h31
27 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Les députés conservateurs demandent à la vérificatrice générale d'enquêter sur la gestion par le gouvernement fédéral d'un programme de 250 millions $ qui devrait être supprimé le mois prochain.

PrescripTIon a été lancé en 2017 afin de moderniser la manière dont les médecins transmettent leurs prescriptions aux pharmacies et de supprimer progressivement les technologies obsolètes, telles que les télécopieurs.

Mais Inforoute Santé du Canada, l'organisme à but non lucratif qui gère PrescripTIon et est financé par le gouvernement fédéral, indique que le programme prendra fin le 29 mai, dans le cadre d'une transition vers une «approche fondée sur des normes ouvertes» pour les ordonnances électroniques.

«La plupart des Canadiens n’ont jamais entendu parler de PrescripTIon. Et c’est exactement ce que voulaient les libéraux», a affirmé lundi le député conservateur Dan Mazier, porte-parole du parti en matière de santé, lors d’une conférence de presse sur la Colline du Parlement.

Un reportage du Globe and Mail — dont M. Mazier dit qu'il a attiré l’attention des conservateurs — suggérait que moins de 5 % des prescriptions sont transmises via PrescripTIon.

M. Mazier a indiqué que le gouvernement avait initialement prévu un budget de 40 millions $ lorsque le projet a été annoncé pour la première fois en 2016. Il a ajouté que cette somme avait grimpé à plus de 300 millions $ au cours des dix dernières années.

«Alors, qu’ont obtenu les Canadiens en échange de leurs 300 millions $? Eh bien, c’est la question à 300 millions $. Car à ce jour, les médecins continuent d’envoyer leurs ordonnances par fax», a déclaré M. Mazier.

M. Mazier a indiqué que les conservateurs s’étaient employés, au niveau des comités parlementaires, à produire des documents relatifs à PrescripTIon.

Il a accusé le gouvernement de faire obstruction à ces efforts jusqu’à ce qu’il puisse restructurer les comités pour refléter la nouvelle majorité libérale à la Chambre des communes, ce qui devrait se produire cette semaine.

M. Mazier a prévenu que si cela se produit, le public pourrait ne jamais voir les documents expliquant la gestion de PrescripTIon par le gouvernement.

Le député du Bloc québécois Maxime Blanchette-Joncas, vice-président du comité de la santé de la Chambre des communes aux côtés de M. Mazier, a également appuyé la demande des conservateurs visant à ce que la vérificatrice générale mène une enquête.

«Chaque fois qu’Ottawa attribue des contrats informatiques, on revoit le même mauvais film: une gestion déficiente, peu de surveillance et des dépassements de coûts faramineux», a affirmé M. Blanchette-Joncas dans une réponse adressée à La Presse Canadienne.

Le cabinet de la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, a indiqué que le programme était censé être autosuffisant.

«Compte tenu de la faible participation au programme, il était clair qu’il n’y avait aucune voie vers l’autosuffisance, c’est pourquoi le programme a été terminé», a écrit Guillaume Bertrand, directeur de la communication de Mme Michel, dans un courriel.

«Notre gouvernement tient à ce que l'argent des contribuables soit utilisé à bon escient, et mettre fin à PrescripTIon était la décision la plus responsable sur le plan financier.»

Nick Murray, La Presse Canadienne