Les Néo-Écossais rendent hommage aux victimes de la tuerie de masse de 2020

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Par La Presse Canadienne, 2026
HALIFAX — Cela fait six ans qu'un homme déguisé en agent de la GRC s'est lancé dans une tuerie dans une zone rurale de la Nouvelle-Écosse, tuant 22 personnes, dont un adolescent et une femme enceinte.
La pire tuerie de masse de l'histoire moderne du Canada a commencé après que Gabriel Wortman, un denturologiste, eut agressé sa conjointe de fait à Portapique, en Nouvelle-Écosse, avant d'abattre des voisins, des inconnus et un agent de la GRC.
Sa folie meurtrière a duré plus de 13 heures, jusqu’à ce qu'il s'enlevât la vie après avoir été pris pour cible par des agents de la GRC dans une station-service au nord d’Halifax.
Cette tuerie a donné lieu à une enquête publique qui a abouti à plus de 100 recommandations visant à améliorer les services de police, à lutter contre la violence conjugale et à renforcer la sécurité communautaire.
Myra Freeman, présidente du comité chargé de suivre les progrès réalisés dans la mise en œuvre de ces recommandations, a publié une déclaration affirmant que cette tragédie avait changé à jamais la vie des familles, des survivants, des communautés et de tous les Néo-Écossais.
«Le chagrin ressenti s'est fait sentir partout au Canada, aux États-Unis et au-delà, et se fait encore sentir aujourd'hui», a-t-elle déclaré.
Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a annoncé que les drapeaux seraient mis en berne sur tous les bâtiments du gouvernement provincial ce week-end.
«Cela fait six ans que la Nouvelle-Écosse a été bouleversée à jamais par les événements des 18 et 19 avril 2020 — une tragédie qui a coûté la vie à des innocents lors d’actes de violence insensés et qui a touché d’innombrables autres personnes», a écrit le premier ministre dans un communiqué.
«En tant que gouvernement, nous travaillons d’arrache-pied pour mettre en œuvre les recommandations formulées par la Commission des pertes massives. C’est ce qui nous motive alors que nous collaborons avec les municipalités, le gouvernement fédéral et la GRC pour rendre les communautés de la Nouvelle-Écosse plus sûres», a-t-il ajouté.
Vendredi, le chef de la GRC a présenté ses excuses pour la décision de la GRC d’envoyer des agents s’entraîner dans une région de la Nouvelle-Écosse où certains habitants avaient été tués lors de la fusillade de masse.
Le commissaire de la GRC, Mike Duheme, a adressé jeudi une lettre à la députée de Nouvelle-Écosse Alana Hirtle, indiquant que ces exercices avaient causé «du tort et du traumatisme» aux habitants de la région de Debert, où deux femmes ont été victimes d’une fusillade le 19 avril 2020.
«Je sais que c’est un sujet particulièrement sensible, a-t-il reconnu. À l’avenir, je vous assure que la GRC ne programmera pas d’entraînement ni d’exercices dans le comté de Colchester à l’approche de cet anniversaire. Nous aborderons également cet entraînement (…) dans le comté de Colchester en tenant compte des traumatismes subis, et nous trouverons d’autres dates et lieux.»
Dans une déclaration publiée en ligne, la députée libérale, Mme Hirtle, a qualifié la décision de la GRC d’organiser des exercices tactiques à grande échelle à Debert d’«insensible, déplacée et inacceptable».
«Les communautés du comté de Colchester méritent la paix et le respect à l’approche des 18 et 19 avril — une période où les familles, les amis et les voisins portent le poids d’une tragédie qui nous a changés à jamais», indique la déclaration de M. Hirtle.
«J'ai entendu directement des membres de la communauté parler de la douleur et de l'angoisse que cela a causées», a-t-elle rapporté.
La Presse Canadienne