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L’Aviation royale canadienne sera en phase de «croissance» en 2026

durée 06h07
7 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — La commandante de l’Aviation royale canadienne n'a beau être en poste que depuis six mois, elle est déjà très occupée, alors que l'ARC réorganise sa flotte, tout en devant composer avec une pénurie de personnel.

Lors d'une longue entrevue accordée à La Presse Canadienne, la lieutenante-générale Jamie Speiser-Blanchet a fait valoir que, même si les changements se font progressivement en coulisses, ils aboutiront à une transformation radicale d'ici une décennie.

«Il y a tellement de choses qui changent en même temps, a-t-elle souligné. Dans l'ensemble, nous essayons de nous assurer que nous conservons une vision réaliste de ce que nous pouvons accomplir avec des ressources limitées.

«Donc, oui, nous sommes absolument sur la voie de la croissance, mais tout ne peut pas croître immédiatement. Je veux m'assurer que nous agissons de manière itérative.»

D'ici un an, a-t-elle mentionné, l'Aviation royale pourrait commencer à modifier le déploiement de son personnel et à affiner sa structure organisationnelle.

Modernisation

L'armée de l'air fait l'objet d'un vaste projet de modernisation sur 20 ans qui lui permettra d'acquérir des capacités avancées, tout en renouvelant sa flotte.

Elle remplace notamment ses patrouilleurs maritimes Aurora par de nouveaux P-8 Poseidon, ajoute de nouveaux avions de recherche et de sauvetage CC-295 Kingfisher et se dote de nouveaux drones aériens MQ-9B SkyGuardians.

Tout cela se déroule en parallèle du chantier le plus majeur: le remplacement des vieux avions de combat F-18 par des F-35.

«Dans un an, des membres de la base aérienne de Luke apprendront à piloter nos nouveaux F-35. C'est un changement assez important», a-t-elle affirmé, faisant référence à la base de l'armée de l'air américaine en Arizona.

Le gouvernement fédéral mène actuellement un examen du contrat d'acquisition d'une flotte complète de 88 F-35 — Ottawa s'est jusqu'à présent engagé à n'en acheter que 16. Mme Speiser-Blanchet dit vouloir rester en dehors de la controverse.

«Je me concentre sur l'orientation actuelle du gouvernement, qui consiste à remplacer les F-18 par des F-35», a-t-elle expliqué, refusant de répondre à la question de savoir ce qu'une flotte mixte de chasseurs signifierait pour l'ARC.

Pénurie de personnel

La liste des remplacements et des mises à niveau d'avions est longue à l'ARC. Elle ajoute aussi des avions ravitailleurs CC-330 Husky pour succéder aux CC-150 Polaris, en plus de remplacer les Challengers vieillissants qui assurent le transport des personnalités importantes.

Tous ces changements surviennent dans un contexte de pénurie de personnel et de changements organisationnels. Le nombre d'employés expérimentés occupant certains postes clés a diminué, tandis que les nouvelles capacités nécessiteront encore plus de personnel.

«La priorité numéro un reste toujours le personnel, a-t-elle martelé. Nous continuons à réfléchir à des moyens innovants pour augmenter notre recrutement, accélérer la formation des recrues et, en parallèle, conserver nos membres expérimentés qui sont évidemment très, très précieux.»

Transformation

L'Aviation royale s'adapte également à l'avenir du combat aérien, avec le déploiement de drones aux côtés d'avions pilotés.

«Il existe de nombreuses technologies en développement rapide, a noté Mme Speiser-Blanchet. Je pense que nous aurons de nombreuses occasions de vraiment progresser dans ce domaine au cours des prochaines années.»

La Défense nationale mène des recherches sur la technologie des drones, qui pourrait accroître la puissance de sa future flotte de chasseurs à un coût bien inférieur à celui des avions pilotés.

Depuis qu'elle a pris le commandement de l'ARC, la lieutenante-générale Speiser-Blanchet est préoccupée par les menaces que représentent la désinformation en ligne et les cyberattaques de la part d'adversaires.

Elle a refusé de donner des exemples précis, mais a avoué avoir été frappée par l'ampleur des perturbations que ces attaques peuvent causer au travail quotidien de l'Aviation royale.

Selon elle, le monde est entré dans une ère de grande concurrence entre les puissances. Elle considère donc que l'armée et le secteur de la défense ont un rôle à jouer pour expliquer le nouvel environnement de menaces aux Canadiens.

«Au Canada, nous avons longtemps profité du luxe d'une géographie qui nous protégeait. Mais la dynamique des menaces est en train de changer. C'est ce qui nous a poussés à emprunter cette voie de la modernisation», a-t-elle plaidé.

Kyle Duggan, La Presse Canadienne