Québec veut élargir la vente de prêts-à-boire à base de spiritueux aux épiceries

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Par La Presse Canadienne, 2026
Le ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Samuel Poulin, ouvre la porte à la vente de prêts-à-boire à base de spiritueux dans les épiceries.
C'est l'un des amendements présentés mardi par M. Poulin dans son projet de loi 11 en matière d'allègement réglementaire.
L'objectif de l'amendement est de permettre à ces produits à base de spiritueux d'avoir accès au marché des épiceries, au même titre que les boissons à base de malt, le vin et le cidre.
«Nous pensons avoir des retombées économiques de plusieurs millions de dollars pour les PME du Québec», a soutenu le ministre caquiste aux journalistes dans les corridors de l'Assemblée nationale.
Sa proposition mettrait fin au monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ) dans ce segment. Les épiciers auraient toutefois l'obligation de passer par la société d'État pour s'approvisionner en prêts-à-boire à base d'alcool distillé, a précisé M. Poulin.
L'Union québécoise des microdistilleries (UQMD) accueille favorablement l'annonce du gouvernement Legault.
Selon le regroupement, la décision «contribue à moderniser un cadre réglementaire désuet et à corriger une incohérence de longue date entre les différentes catégories de boissons alcooliques offertes aux consommateurs québécois».
«Cette ouverture répond à une réalité de marché où les prêts-à-boire connaissent une croissance soutenue et représentent un segment stratégique pour nos entreprises», commente le président de l'UQMD, Nicolas Bériault, dans un communiqué.
Le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) s'est aussi réjoui de cette ouverture du gouvernement Legault. Son président pour le Québec, Michel Rochette, souligne également que «l’élargissement de l’offre de produits prêts-à-boire (...) permettrait ainsi de corriger l’incohérence réglementaire en place».
Les prêts-à-boire à base de malt et ceux à base de spiritueux peuvent afficher un taux d’alcool comparable dans le produit final, fait-il valoir.
M. Poulin estime que les prix affichés pour ces boissons sur les tablettes des supermachés devraient être les mêmes que dans les succursales de la SAQ.
Le CCCD invite le gouvernement à mettre en place un cadre «qui assure une concurrence réelle et des prix équitables pour les consommateurs».
«À cet égard, la structure de gros et la mécanique de majoration devront éviter un empilement de marges qui ferait inutilement grimper les prix», recommande-t-il.
Pour sa part, l'UQMD exige que la mise en oeuvre de cette éventuelle autorisation soutienne les PME québécoises. «Les modalités d'accès au marché, les conditions commerciales et l'espace tablette devront être pensés de manière à ne pas simplement avantager les grandes multinationales disposant de budgets promotionnels substantiels et d'un pouvoir de négociation considérable», demande l'union.
Pendant que la consommation par personne de bière et de vin a reculé au pays de 2018 à 2023, «celle des prêts-à-boire a augmenté de façon marquée», indique le CCCD, citant des données publiées par le ministère québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Les mêmes données montrent aussi que les volumes vendus à la SAQ de la catégorie incluant les prêts-à-boire «ont plus que doublé» sur la même période, ajoute le CCCD.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne