Un nouveau programme de formation pour les soignants sur la stérilisation forcée

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Le Cercle des survivants pour la justice reproductive a développé un nouveau programme de formation sur la stérilisation forcée ou coercitive adressé notamment aux prestataires de soins afin que cesse cette pratique qui touche surtout les femmes autochtones et racisées.
Cette formation voit le jour environ deux mois après qu'Ottawa eut adopté le projet de loi S-228, loi qui modifie le Code criminel afin de criminaliser la stérilisation forcée. La loi stipule que la stérilisation sans consentement légal est passible d'une peine maximale de 14 ans d'emprisonnement.
La première séance de la formation du Cercle des survivants pour la justice reproductive a eu lieu mardi auprès de travailleurs de la santé en première ligne en Alberta.
«Nous avons créé un programme de formation étendu qui sera offert dans tous les secteurs qui devront mettre en œuvre le projet de loi S-228 dans le cadre de leur travail ainsi qu'aux fournisseurs de soins de première ligne qui procurent des soins et services aux survivants autochtones de la stérilisation forcée ou coercitive», a expliqué par voie de communiqué Claudette Dumont Smith, coprésidente du Cercle des survivants pour la justice reproductive.
La directrice générale du Cercle, Harmony Redsky, a précisé que la formation a été «conçue pour sensibiliser les organismes et les personnes touchées aux réalités propres aux survivants de la stérilisation forcée ou coercitive de membres des Premières Nations, Inuit et Métis».
«Nous voulons collaborer avec les collèges de médecins et d'infirmières afin de prévenir le racisme systémique dans les soins de santé», ajoute Mme Redsky.
Le CMQ et l'OIIQ mobilisés sur cet enjeu
Dans un courriel transmis à La Presse Canadienne, le Collège des médecins du Québec (CMQ) a dit ne pas savoir dans l'immédiat s'il fera la promotion de la formation du Cercle des survivants pour la justice reproductive auprès des médecins.
Il ajoute que la «formation de base en sécurisation culturelle des soins de santé permet aux médecins de prendre conscience des biais et des structures qui engendrent des inégalités dans les soins de santé et de comprendre comment y remédier».
De plus, un groupe de réflexion sur les stérilisations imposées aux femmes autochtones a été mis sur pied à la suite d'un premier rapport choc de la chercheuse Suzy Basile sur les stérilisations effectuées sans consentement. Mme Basile est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.
Le comité en responsabilité sociale et développement durable du Collège des médecins rencontrera prochainement Mme Basile. Il sera notamment question des suites à donner à la sortie de son deuxième rapport.
De son côté, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a confirmé qu'à ce jour, il n'avait pas reçu de demande de la part du Cercle des survivants pour la justice reproductive concernant sa formation.
«Nous demeurons pleinement engagés à soutenir le développement des compétences en matière de sécurisation culturelle chez les infirmières et les infirmiers. Nous accordons une attention particulière aux initiatives qui contribuent à l'atteinte de cet objectif et demeurons ouverts aux échanges avec les différents acteurs concernés par cet enjeu», indique l'OIIQ par écrit.
L'Ordre a par ailleurs fait la promotion d'autres formations portant sur la sécurisation culturelle auprès des infirmières.
Autant l'OIIQ que le CMQ reconnaissent l'existence du racisme systémique dans le réseau de la santé. Les deux organisations ont entrepris plusieurs actions dans la foulée du drame de Joyce Echaquan, une femme autochtone décédée en 2020 peu de temps après avoir diffusé en direct sur Facebook une vidéo montrant les traitements racistes qu'elle subissait.
Le rapport de l'enquête du coroner sur son décès a conclu que le racisme et les préjugés du personnel hospitalier ont contribué à sa mort.
Le CMQ et l'OIIQ ont notamment adhéré au principe de Joyce, qui vise à garantir à tous les Autochtones l'accès de manière équitable à tous les services sociaux et de santé et aux meilleurs soins de santé.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne