Un partenariat entre la police et les écoles vise à mieux réagir en cas de fusillade

Temps de lecture :
3 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Moins d'une semaine après la tuerie survenue dans une école secondaire de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, qui a coûté la vie à six personnes, dont plusieurs enfants, la Sûreté du Québec (SQ) rappelle que des services sont disponibles pour préparer les établissements scolaires de la province à une éventuelle fusillade.
Deux autres personnes ont été tuées à l'extérieur de l'école.
Le Plan de réponse pour des établissements sécuritaires (PRES), créé par la SQ en 2008 en réaction à la tuerie au cégep Dawson, vise à outiller les établissements scolaires, tout en optimisant l'intervention des policiers, face à la présence d'un éventuel tireur actif, d'un individu armé ou d'une menace directe imminente.
«Le PRES vient répondre aux besoins en sécurité des établissements d'enseignement du Québec, en offrant un soutien à nos partenaires du milieu scolaire, explique le lieutenant coordinateur au niveau des relations médias de la SQ, Grégory Gomez del Prado. Et pour nous, c'est de répondre efficacement en cas de menaces graves dans une école en tant que corps de police provinciale et bien sûr en gérant adéquatement le risque.»
M. Gomez del Prado indique qu'à ce jour, près de 1600 établissements publics ou privés dans l'ensemble de la province ont sollicité les services de la SQ pour implémenter le PRES. Selon le site internet de la SQ, 72 % des écoles ont fait au moins un exercice de confinement barricadé avec le personnel scolaire et 11 % ont réalisé cet exercice avec leurs élèves.
«On va recommander d'effectuer des exercices de confinement barricadé avec le personnel scolaire et les élèves, mais c'est selon une séquence établie», précise-t-il, tout en soulignant que l'implantation du PRES se fait à la demande des établissements scolaires.
«L'idée c'est vraiment d'avoir un partenariat (...) on ne peut pas travailler seuls pour établir la sécurité, vous avez besoin de la collaboration et de la participation des acteurs du milieu scolaire pour pouvoir avoir le maximum d'efficacité, explique le lieutenant. Bien évidemment, on aimerait avoir un 100% des établissements scolaires et l'on a une démarche proactive pour avoir le maximum de participation, mais c'est certain qu'on a (dans tous les cas) le minimum d'information pour intervenir.»
Une première présentation du plan de réponse est d'abord faite auprès de la direction, suivie par l'élaboration d'un «cartable d'urgence», mis à jour annuellement et personnalisé en fonction de chaque établissement. Ce cartable permet aux policiers d'avoir toutes les informations concernant la configuration des lieux, les contacts d'urgences et les protocoles à mettre en place.
S'en suit une présentation vidéo destinée au personnel et de matériel pédagogique auprès des élèves. Les exercices de confinement barricadé peuvent ensuite être réalisés à la discrétion des établissements scolaires.
«Ce n'est pas une simulation, il n'y a pas de cri, il n'y a pas de tireur ni de policiers, on n'est pas dans un scénario, on est dans un exercice similaire aux exercices d'incendie, explique M. Gomez del Prado. On répète des gestes à poser, les bonnes actions à prendre, quelles sont les réactions à avoir, pour que ça devienne un peu un automatisme.»
Il rappelle que les patrouilleurs de la SQ sont dans tous les cas formés à intervenir en cas de fusillade dans un établissement scolaire. Une version corporative du PRES a également été développée pour élargir l'offre de service de la SQ.
Quentin Dufranne, La Presse Canadienne