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Un pathologiste témoigne à l'audience publique sur la mort de Myles Gray

durée 18h54
9 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — Le pathologiste légiste qui a pratiqué l'autopsie de Myles Gray quelques jours après son décès, survenu à la suite de violences policières à Vancouver, a déclaré lundi qu'il n'y avait pas de cause unique et définitive au décès.

Le Dr Matthew Orde a plutôt indiqué avoir identifié plusieurs facteurs ayant probablement contribué à la mort de M. Gray en août 2015. Il a ajouté que le contexte dans lequel cet homme de 33 ans est décédé était crucial pour étayer ses conclusions.

Lors de l'audience publique sur la mort de M. Gray, le Dr Orde a indiqué que, selon lui, l'explication la plus probable était un arrêt cardiorespiratoire, aggravé par les interventions policières qui visaient à maîtriser l'homme, qui avait montré des signes de «troubles du comportement aigus» avant son décès.

Le Dr Orde a précisé que les interventions policières incluaient l'utilisation de gaz poivré, des contusions, une compression du cou et le menottage dans le dos, le forçant à rester allongé face contre terre.

Il est difficile de déterminer quels facteurs ont joué le rôle le plus important, a-t-il conclu.

«En résumé, je dis que son cœur a cessé de battre, qu'il a cessé de respirer, et je pense que cela est survenu comme une complication de la situation dans laquelle il se trouvait au moment de son décès», notamment lors de son interpellation par la police, a expliqué le Dr Orde.

Matthew Orde a assuré avoir noté que M. Gray présentait des signes de troubles du comportement aigus «pour expliquer son comportement étrange», ce qui pourrait avoir contribué aux circonstances de sa mort.

La police avait initialement été appelée après une plainte qui concernait un homme qui avait aspergé une femme avec un tuyau d'arrosage.

L'audience a révélé que M. Gray avait auparavant abandonné son véhicule de travail, et des témoins l'ont décrit comme l'ayant vu agiter les bras, crier et se déshabiller.

L'audience convoquée par le Bureau du commissaire aux plaintes contre la police de la Colombie-Britannique examine les agissements de sept policiers de Vancouver dans le cadre du décès de M. Gray. En 2024, l'instance disciplinaire de la police a blanchi tous les agents de toute faute professionnelle.

Cependant, le commissaire aux plaintes contre la police, Prabhu Rajan, a déclaré qu'il subsistait une «incertitude considérable quant aux circonstances exactes».

Lors de l'audience de lundi, le Dr Orde a décrit les multiples blessures qu'il a constatées lors de l'examen du corps de M. Gray.

Ces blessures comprenaient des ecchymoses apparemment causées par des coups portés avec un objet rigide, une fracture de l'orbite et du nez, ainsi qu'une possible luxation de la mâchoire.

Le Dr Orde a également ajouté qu'il y avait une hémorragie cérébrale chez Myles Gray. Le volume était faible, «relativement mineur», a-t-il dit, mais elle reflétait probablement un traumatisme crânien contondant.

En 2023, une enquête du coroner de la Colombie-Britannique a révélé que M. Gray avait subi des blessures, notamment un écrasement du larynx et une rupture des testicules.

L'enquête a conclu à un homicide, bien que le coroner Larry Marzinzik ait précisé au jury que ce terme était neutre et n'impliquait aucune faute.

Le Dr Orde a également témoigné lors de l'enquête et a affirmé qu'un concours de circonstances malheureux avait conduit à la mort de M. Gray, notamment son effort extrême et les manœuvres policières pour le maîtriser.

Il a dit croire que le corps de M. Gray avait été soumis à un effort surhumain lors de la lutte avec les policiers.

Les personnes immobilisées de force sur le ventre courent un risque accru de décès, surtout lorsque leur organisme est soumis à des exigences physiologiques accrues, a renchéri le Dr Orde.

Brenna Owen, La Presse Canadienne