Publicité

15 juillet 2011 - 14:32

57 mois de prison pour Mariny Chav

Par Dave Parent

Mariny Chav, qui a plaidé coupable au meurtre non prémédité de sa belle-mère, Francine Coderre-Grégoire, s'est vue imposer une sentence de six ans de prison au palais de justice de Saint-Jérôme le vendredi 15 juillet dernier.

Si on tient compte des sept mois et demi passés en détention préventive, ce sera donc 57 mois que Mariny Chav devra passer derrière les barreaux. Une sentence qui ne réjouit pas son ex- conjoint et fils de la victime, Stéphane Grégoire. « 57 mois ce n'est pas assez, ce n'est pas une question de vengeance, y'aura aucune sentence qui va me satisfaire pour ma mère, mais je m'attendais plus à sept ou huit ans ferme et de ne pas tenir compte du sept mois et demi passés en détention préventive. »

Dans son jugement, le juge Paul Chevalier a mentionné, dans les facteurs aggravants, la violence du crime, le fait que l'accusée n'ait pas tenté de porter secours à la victime après l'agression et qu'elle ait masqué les traces de son crime après les faits en se débarrassant, entres autres, de ses vêtements ensanglantés. Le juge a aussi mentionné le comportement odieux de madame Chav qui a habité la résidence de la victime peu de temps après le crime et le fait qu'elle ait laissé les policiers soupçonner le mari et le fils de la victime sans broncher.

Facteurs atténuants

Le plaidoyer de culpabilité enregistré par Mariny Chav et l'admission du crime aux policiers après avoir passé un polygraphe alors que cette preuve n'est pas admissible en cour constitue pour le juge Chevalier des facteurs atténuants. De même, la médiatisation de l'affaire a joué en faveur de l'accusée. Le juge a mentionné que Stéphane Grégoire avait médiatisé la cause, allant jusqu'à fournir une photo de l'accusée aux journalistes, dans un « climat de vindicte », ce qui a porté préjudice à l'accusée. « Ces faits qui dénotent un certain acharnement contre l'accusée constituent un facteur de mitigation de la peine », peut-on lire dans le jugement.

La couronne réclamait une peine de dix ans de prison alors que la défense souhaitait une sentence de deux ans moins un jour. Une sentence de 57 mois de prison rejoint davantage les demandes de la défense. « Il s'agit pour nous d'évaluer maintenant si la différence est suffisamment grande pour qu'on demande à la cour d'appel de se pencher sur le jugement du juge chevalier. Je vais voir ma cliente et on va décider ce qu'on fait », explique Me Marc Labelle, l'avocat de Mariny Chav.

L'avocat de la couronne, Steve Baribeau, n'était pas non plus heureux de la décision du juge. « Plusieurs coups ont été portés à la victime et elle est décédée, entre autres, par strangulation. La position de la poursuite était que cette trame factuelle là se rapprochait beaucoup plus d'un meurtre (.) on va analyser le tout et on va peut-être regarder la possibilité d'aller en appel », a-t-il dit.

Tristesse

Le mari de Francine Coderre-Grégoire, Bernard Grégoire, a parlé aux médias pour la première fois depuis le début des procédures. Il se dit lui aussi très insatisfait de la sentence. « Elle n'a pas été tuée elle a été martyrisée. Des lacérations au visage, à la tête un œil au beurre noir, le crâne fendu. Il n'y a eu aucune mention de ça (dans le jugement) pourtant je trouve que c'est pesant dans le dossier », a-t-il exprimé.

Rappelons que c'est dans le cadre d'une discussion qui a dégénéré que le crime a été commis en 2007 à Lorraine. Après que la victime ait fait une chute dans l'escalier de sa résidence, Mariny Chav l'a étranglé.

Mme Chav a été arrêtée par la Sûreté du Québec en mars 2009, soit deux ans après les faits. Elle vivait, pendant ce temps, dans la maison de sa victime avec son conjoint et fils de madame Coderre-Grégoire.

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





L'Écho de la Rive-Nord se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, L'Écho de la Rive-Nord collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.