Du travail reste à faire pour attirer les jeunes aux urnes
Les jeunes de 18 à 35 ans ne se sentent pas beaucoup concernés pas les enjeux abordés par les politiciens, ce qui expliquerait en partie leur faible taux de participation lors des élections.
C'est du moins ce que prétend Hugo Bissonnette, administrateur du Forum Jeunesse des Laurentides.
Selon celui-ci, il s'agit d'un cercle vicieux. Moins les politiciens parlent des enjeux qui rassemblent les jeunes, moins ceux-ci s'y intéressent. « Les chefs de parti sont donc moins portés à parler des causes qui nous concernent, car on n'est pas considéré un électorat puissant », commente l'administrateur.
À titre d'exemple, M. Bissonnette parle du débat des chefs. « Ils ont parlé des aînés, des familles, mais les jeunes, eux, ne s'y sont pas retrouvés. »
Jonathan Bernard, professeur de sciences politiques au Collège Lionel-Groulx, indique quant à lui que c'est plutôt le manque de connaissance sur le plan politique qui donne l'impression aux jeunes de ne pas être touchés par les différents enjeux. « Ils ne prennent pas conscience que certains enjeux pourraient les toucher dans un avenir relativement proche. Ils ne font pas tout de suite le calcul », précise-t-il.
Méconnaissance et culture familiale
M. Bernard croit également que la méconnaissance de notre système politique peut entrer en ligne de compte. « Les Jeunes ne comprennent pas trop pour quelles raisons ils iraient voter. Ils savent que c'est important, mais sans plus. Quand je leur explique, ils disent souvent qu'ils auraient aimé apprendre ça plus tôt. »
À cet effet, il précise que ce serait bien que quelques notions de politique soient davantage présentes au secondaire. « On devrait au moins leur permettre d'avoir une compréhension de la mécanique, sans nécessairement aller trop dans les détails. »
Hugo Bissonnette précise que le cynisme politique a son rôle à jouer. « Certains adultes sont autant désabusés que les jeunes. Ils n'en parlent donc pas à leurs enfants et, en bout de ligne, il n'y a plus d'éducation à la participation citoyenne », croit-il.
M. Bernard abonde dans le même sens. « La culture familiale y est pour quelque chose. Quand je demande à mes étudiants si leurs parents parlent un peu de politique à la maison, il n'y en a jamais beaucoup qui lèvent leur main. »
Malsain pour la démocratie
À long terme, cette recette serait malsaine pour la démocratie.
Les statistiques parlent d'ailleurs d'elles-mêmes. Aux dernières élections fédérales de 2008, seuls 37,4 % des jeunes de 18 à 24 ans et 48 % des 25 à 34 ans ont exercé leur droit de vote. Le taux de participation, tous âges confondus, était de 56,5 %.
Selon une étude réalisée en 2003 pour le compte d'Élections Canada, « les différences de participation entre les cohortes d'âges sont frappantes. L'abstention augmente de façon constante à mesure que les cohortes deviennent plus jeunes. » L'importance perçue de l'acte de voter est d'ailleurs moins élevée chez les cohortes où se retrouvent les électeurs plus jeunes.
« Il faut absolument se prendre en main, ajoute M. Bissonnette. Notre vote ne compte pas seulement pour une moitié parce qu'on est jeune. Il faut absolument renverser la tendance », croit celui qui travaille ces jours-ci à entraîner les jeunes aux urnes le 2 mai prochain.
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