Une taxe sur les véhicules polluants
«Taxe orange»: les oppositions accusent la CAQ d’«hypocrisie»
Les oppositions accusent le gouvernement Legault d’«hypocrisie» alors qu’il vient d’adopter une loi qui va permettre aux villes de taxer les véhicules polluants. Une mesure similaire à ce que proposait Québec solidaire lors de la dernière campagne électorale et que François Legault a souvent ridiculisée en la qualifiant de «taxe orange».
«Ultimement dans ce dossier-là aussi, on peut voir l'hypocrisie de la Coalition avenir Québec. (...) La CAQ est en contradiction par rapport à ses propres affirmations de la dernière campagne électorale», a expliqué le chef libéral intérimaire Marc Tanguay.
La volonté de taxer l’achat des véhicules plus polluants a fait mal à QS lors de la précédente élection, surtout dans les régions rurales. Le chef parlementaire solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a assuré que son parti avait tourné la page sur cette proposition. Malgré tout, il n’a pas manqué d’écorcher le gouvernement sur sa nouvelle loi.
«C'est très typique, cette histoire-là, de la manière caquiste de gouverner. (...) C'est dire quelque chose devant les caméras de télévision, puis ensuite essayer, en espérant que les gens ne remarquent pas, qu'on est en train de faire autre chose», a-t-il lancé vendredi en point de presse.
«Ce que le gouvernement fait, c'est pelleter dans la cour des municipalités des responsabilités qui devraient être celles du gouvernement du Québec. C'est au gouvernement québécois de financer la construction des routes, la construction des autoroutes et aussi le financement du transport collectif», a ajouté M. Nadeau-Dubois.
Le Parti québécois (PQ) dénonce également le double discours du gouvernement.
«Je pense que ce n'est pas la première fois qu'on voit la CAQ dire quelque chose à gros trait pendant une campagne électorale pour ensuite faire l'inverse. C'est un autre exemple. Donc, ce sont de bonnes questions, je pense qu'elles doivent être posées à la CAQ en termes de transparence de leurs intentions», a expliqué le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.
Questionné à savoir si le PQ retirerait une telle mesure, M. St-Pierre Plamondon s’est contenté de répondre: «si vous cherchez dans notre programme nos prises de position, cette mesure-là, elle n'est pas là.»
La ministre des Transports, Geneviève Guilbault, a défendu la nouvelle loi. «Le gouvernement n'a décrété aucune nouvelle taxe. Ce qu'on fait dans le cadre du projet de loi 39, c'est de donner plus de pouvoir aux municipalités, ce que les municipalités nous demandaient depuis longtemps», a-t-elle affirmé, ajoutant que seules les villes offrant du transport collectif pourront utiliser ce pouvoir de taxation.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne
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