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Ministre du Travail, Jean Boulet

Le gouvernement Legault veut limiter la durée des grèves et des lock-out

Le gouvernement Legault veut limiter la durée des grèves et des lock-out
Photo: La Presse Canadienne, 2024
durée

Un bras de fer se dessine entre Québec et les syndicats: le ministre du Travail, Jean Boulet, vient de déposer un projet de loi pour limiter la durée des grèves et des lock-out. Les secteurs de la santé et de la fonction publique sont exclus de la pièce législative.

Avec ce projet de loi, Québec veut éviter que les services à la population ne «soient affectés de manière disproportionnée». Trois critères seront pris en compte: «la sécurité sociale, économique ou environnementale».

Pour y arriver, le gouvernement peut tout d’abord déterminer par décret qu’un syndicat et un employeur ont 15 jours pour déterminer les services qui doivent être maintenus. Après ce délai, c’est le Tribunal administratif du travail (TAT) qui décidera.

Dans un deuxième temps, le projet de loi donne le pouvoir au ministre du Travail «s’il estime qu’une grève ou un lock-out cause ou menace de causer un préjudice grave ou irréparable à la population» de nommer un arbitre qui pourra y mettre fin et déterminer les conditions de travail des salariés. Les secteurs public et parapublic ne sont pas assujettis à ce pouvoir.

Avant même le dépôt du projet de loi, des syndicats sont montés aux barricades.

«Au-delà des belles intentions du ministre Boulet, il faut appeler un chat un chat: en voulant modifier ainsi le Code du travail, le ministre veut se servir de l’appareil gouvernemental comme paravent afin d’avoir la possibilité de faire essentiellement la même chose que son homologue fédéral: intervenir dans les conflits de travail», indiqué la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

«C'est précisément faute de sécurité économique, sociale et environnementale que les travailleuses et les travailleurs doivent recourir à la grève. Que le ministre du Travail s'arroge le pouvoir de la limiter par décret ne bénéficiera ni à celles et ceux qui tiennent les services publics à bout de bras, ni à la population qui en a besoin», a, pour sa part, affirmé le président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, Robert Comeau.

Thomas Laberge, La Presse Canadienne

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