Mission économique en Allemagne
Immigration: Legault doit se défendre face à des entrepreneurs québécois
L’un des sujets de prédilection du premier ministre François Legault, l’immigration temporaire, l’a rattrapé jusqu’en Allemagne où il est en mission économique. Deux entrepreneurs québécois l’ont interpellé pour lui rappeler l’importance des immigrants pour leur entreprise.
«En ce moment, on a un peu de difficulté à prendre la décision de faire de l'investissement. Pas du tout à cause des tarifs. C'est parce qu'à peu près la moitié de nos employés qui opèrent notre usine sont des travailleurs étrangers temporaires et en ce moment, on va être obligés de s'en débarrasser», a lancé le propriétaire de Constructions Proco, Jean-Denis Toupin, dimanche, à la fin de l’allocution du premier ministre devant la délégation du Québec à Hanovre en Allemagne.
La déclaration de l’homme d’affaires a été applaudie dans la salle.
Le premier ministre a répondu à l’entrepreneur, en rappelant que «depuis deux ans, le nombre d'immigrants temporaires au Québec est passé de 300 000 à 600 000» et que cela mettait de la pression sur les logements et les services publics.
«On veut réduire le nombre d'immigrants temporaires, mais on veut le faire d'une façon intelligente selon les besoins des régions», a-t-il répondu
«N'enlevez-moi pas mon monde»
Une autre entrepreneure, Marie-Jeanne Bonneau, est allée voir François Legault après son discours pour lui livrer essentiellement le même message que Jean-Denis Toupin.
«Enlevez-moi pas mon monde. Il faut régler le problème. Moi j'ai des travailleurs étrangers temporaires. Ce sont des machinistes, ce sont des soudeurs. Cette année, je devrais en retourner», a dit la directrice adjointe et copropriétaire des Industries Dodec au premier ministre.
François Legault est revenu sur le sujet ensuite en mêlée de presse affirmant qu'«en région, il faut regarder la hauteur des salaires».
«Oui, des bons emplois bien payés qui permettent de contribuer au service public, on en veut. Maintenant les bas salaires, il faut être prudent», a-t-il soutenu.
Le premier ministre Legault ne cesse de marteler qu’il y a trop d’immigrants temporaires au Québec. Le gouvernement caquiste a pris plusieurs mesures pour en réduire le nombre.
François Legault met aussi beaucoup de pression sur Ottawa pour qu’il fasse de même dans les secteurs qu’il contrôle, particulièrement les demandeurs d’asile. Il a d’ailleurs réitéré cette demande aux deux principaux chefs fédéraux, Mark Carney et Pierre Poilievre, qui sont en campagne électorale actuellement.
Face aux droits de douane de Donald Trump, le premier ministre a choisi d’aller en mission économique en Allemagne afin de soutenir les entreprises québécoises dans la diversification de leurs marchés.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne
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