Développement de la version allongée
Québec ouvert à réinvestir dans l'aventure des avions A220 d'Airbus
Le gouvernement de Christine Fréchette se montre prêt à délier de nouveau les cordons de la bourse dans l'aventure de l'avion A220 d'Airbus, mais cette fois-ci pour la version allongée que souhaite développer la compagnie dans son usine de Mirabel, dans les Laurentides.
Québec a investi jusqu'à maintenant près de 2,1 milliards $ pour soutenir la production de l'A220, qui est l'ancienne CSeries de Bombardier, dans les installations d'Airbus sur la Rive-Nord de Montréal. Le gouvernement Couillard avait d'abord mis 1,3 milliard $, ensuite le gouvernement Legault avait injecté 800 millions $.
Questionné lundi à savoir s'il était prêt à investir pour le développement de la version allongée de l'appareil, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, Bernard Drainville, a répondu par l'affirmative.
«Est-ce qu'on souhaite être des partenaires dans ce projet? La réponse est oui», a dit M. Drainville en mêlée de presse, lundi, en marge d'une annonce sur la formation en aérospatiale à Mirabel.
M. Drainville a évoqué que des discussions sont en cours.
«Nous sommes parties à ces discussions-là. On sera partenaire d'un éventuel projet. Le gouvernement fédéral aussi le sera, compte tenu de l'importance des enjeux et de l'importance des sommes qui sont impliquées.
«Maintenant, il est trop tôt pour tirer des conclusions sur les discussions qui sont en cours. Mais je vous assure que les discussions sont toujours très actives et que nous y participons», a affirmé le ministre caquiste.
En mai dernier, le premier ministre du Canada, Mark Carney, avait ouvert la porte à un soutien fédéral pour développer la version allongée. «On travaille en étroite collaboration avec le gouvernement du Québec, avec Airbus, afin d’atteindre cet objectif ici à Mirabel», avait-il dit.
Cette version allongée pourrait contenir 180 places, soit plus que les deux versions actuelles d’entre 100 et 160 places. Au printemps, Airbus indiquait que le projet était toujours à l’étude.
«J’ai toujours dit que ce n’était pas une question de “si”, mais de “quand”. Nous ne sommes pas au “quand”», indiquait en entrevue le PDG de la multinationale française, Guillaume Faury.
Le gouvernement du Québec détient 25 % du programme actuel de l'A220. Airbus peut racheter cette participation en 2035. Le prix obtenu sera inévitablement lié au succès du programme.
La société estime pouvoir atteindre le seuil de la rentabilité «dans quelques années» pour cet avion.
— Avec des informations de Stéphane Rolland
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne
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