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Les commerçants du Faubourg Boisbriand sont mécontents

durée 19h20
18 mars 2010
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Par Josiane Yelle

Le centre commercial du Faubourg Boisbriand avait tout d'un projet ambitieux. Plus d'une centaine de boutiques, une douzaine de salles de cinéma, un théâtre de 850 places et même un hôtel. Mais la réalité en est autrement et les commerçants commencent à s'impatienter.

Ils sont plus d'une dizaine de locataires à être déçus, voire même aigris par la lenteur du projet. Centrecorp, l'entreprise ontarienne qui gère le centre commercial, leur avait promis un achalandage qui n'est pas et qui les empêche même de boucler certaines fins de mois.

C'est notamment la situation de la propriétaire du restaurant Kabab, Isabelle Gagné, qui a payé son loyer en retard le mois dernier. «Ça fait deux ans que le resto est ouvert. Ma peau et tout mon argent sont là-dedans, lance la jeune femme visiblement à bout de souffle. Je n'arrive même pas encore à me payer et j'emprunte parfois sur le salaire de mon mari pour arriver à la fin du mois. Ce n'est pas normal».

Des ententes non respectées

Ce scénario n'est pas unique. «Ceux qui gèrent le Faubourg ne veulent pas admettre que ça ne fonctionne tout simplement pas, admet Roger Khoury, propriétaire du Ksara Lounge. Ce qui a été promis n'a pas été respecté. En 2006, Centrecorp nous disait que tout serait fini d'ici deux ans». Or, en 2010, les commerçants se font donner les mêmes délais et le projet semble bien loin d'être terminé.

En effet, bien que plusieurs commerçants soient installés depuis plusieurs mois, un espace important demeure toujours vacant. Les loyers sont donc exorbitants compte tenu du peu de consommateurs qui y circulent et font leurs emplettes. En loyer, taxes et frais d'entretien, il en coûte environ 12 000 dollars mensuellement au propriétaire du Ksara Lounge qui n'entre plus dans son argent.

Les propriétaires de Vacances Le Faubourg, Suzanne Caouette et Martine Phaneuf, sont aussi du nombre de locataires déchus. Alors qu'une entente d'exclusivité verbale avait été convenue entre celles-ci et Centrecorp, les deux femmes ont vu CAA-Québec se pointer le bout du nez devant leur commerce avec sa propre agence de voyages. Elles non plus, d'ailleurs, ne sont pas encore parvenues à s'accumuler un salaire au cours des derniers mois.

Des actions s'organisent

Ce qui avait au départ l'apparence d'une problématique individuelle prend maintenant de l'ampleur, si bien que cette dizaine de commerçants mécontents songent désormais à agir collectivement.

Michel Bureau, qui agit à titre de consultant pour ces locataires, trouve lui aussi la situation déplorable. «Sur les plans, il y avait un Archambault juste derrière le Ksara Lounge, alors qu'en réalité, tout est vide. Il n'y a aucune boutique, raconte celui-ci. C'est donc évident qu'il faut faire bouger les choses».

De l'intérieur du commerce de M. Khoury, c'est effectivement des terrains vacants et des stationnements que l'on aperçoit. Quelques automobiles par ci et par là, bien sûr, mais rien qui pourrait ressembler au Quartier Dix30 de Brossard qu'on leur avait promis.

Centrecorp est avare de commentaires

Lina Séguin, l'une des gestionnaires du centre commercial du Faubourg Boisbriand, avoue être au fait de la problématique et souligne que les propriétaires de l'Ontario le sont également. «Certaines discussions sont en cours, alors je ne peux pas en dire davantage», a-t-elle affirmé.

Celle-ci a toutefois voulu mentionner que ce n'est pas l'ensemble des commerçants qui sont mécontents, mais bien certains d'entre eux, puisque d'autres «vont bien».

Mme Séguin déclare notamment que Centrecorp ne pouvait pas prévoir la récession économique. «C'est évident que ça n'avance pas au rythme qu'on voudrait, mais plusieurs nouvelles locations ont été signées dernièrement et de nouveaux travaux devraient être entrepris sous peu».

Selon les chiffres avancés, les deux tiers du projet sont maintenant terminés puisque 800 000 pieds carrés sont aujourd'hui comblés.

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