L'AQRP s'inquiète du taux de suicide chez les baby-boomers
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Dans les Laurentides, 38 % de l'ensemble des décès par suicide ont touché des personnes âgées de 50 ans et plus, en 2008. Devant ce constat, l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) s'inquiète du portrait de la situation dans la région.
«Ces données, que l'on ne doit surtout pas banaliser, justifient que les personnes âgées de 50 ans et plus deviennent l'un des groupes cibles prioritaires du gouvernement et des organismes de prévention du suicide au cours des prochaines années», souligne d'entrée de jeu Colette Latour, porte-parole de l'AQRP dans les Laurentides.
En effet, selon les données provisoires du coroner, des 73 personnes décédées par suicide dans la région en 2008, 28 étaient âgées de 50 ans et plus, pour une proportion de 38 %. Dans l'ensemble du Québec, ce pourcentage a atteint 41 %.
Les raisons
L'importance qu'occupe le groupe des 50 ans et plus parmi l'ensemble des décès par suicide s'explique notamment par la baisse de la mortalité par suicide chez les plus jeunes, par une faible diminution des taux de mortalité chez les plus âgés et par le vieillissement de la population québécoise. D'ailleurs, selon les recherches, la majorité des personnes âgées qui se suicident souffrent d'une dépression.
Toutefois, ce sont chez les hommes que les statistiques sont les plus inquiétantes. En 1981, on dénombrait 12 suicides chez les hommes de 50 ans et plus dans les Laurentides alors qu'en 2008, ce chiffre passait à 22 suicides. Chez les femmes de la région, les décès sont passés de quatre à six durant la même période.
«C'est malheureusement dans la nature de l'homme de moins exprimer ses émotions, croit Colette Latour. Ce sont bien souvent des personnes qui n'étaient pas préparées à prendre leur retraite, qui voient leurs revenus diminuer et qui souffrent d'anxiété. Ce sont aussi des personnes qui souffrent d'isolement. On ne trouve pas assez d'activités pour faire sortir ce groupe-là, note-t-elle. Ils ne peuvent donc pas partager ce qu'ils vivent».
La présidente de l'AQRP dans la région croit aussi que la perte de la conjointe y est pour quelque chose. «Les hommes de cette génération-là ont souvent été les pourvoyeurs, alors que les femmes s'occupaient davantage de la maison et des enfants. Lorsqu'ils tombent à la retraite, les hommes se sentent donc souvent impuissants et le départ de leur conjointe accentue ce sentiment».
L'INSPQ constate plutôt une diminution
Julie Campbell, directrice générale du Centre prévention suicide le Faubourg et présidente du conseil d'administration de l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), croit qu'il faut rester vigilants, mais qu'on ne doit toutefois pas s'inquiéter outre mesure.
Les chiffres de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) démontrent en effet qu'une baisse significative, entre 1999 et 2008, a été constatée pour chacun des groupes d'âge examinés. Il n'y a que le taux de suicide chez les femmes âgées de 50 à 64 ans qui est demeuré plus stable.
«Il ne faut pas déformer la réalité et faire parler les chiffres, croit Mme Campbell. C'est certain que si moins de jeunes se suicident, le pourcentage de suicides des personnes plus âgées va augmenter». Celle-ci affirme d'ailleurs qu'on ne peut, en statistiques, analyser des données brutes. «C'est certain qu'il y a peut-être eu plus de suicides en 2008 qu'en 1981, mais pour constater une réelle augmentation, il faut tenir compte de l'augmentation de la population. Sans ça, tout devient erroné». À cet égard, les chiffres de l'INSPQ démontrent donc une tendance à la baisse en ce qui concerne le suicide chez les personnes âgées de 50 ans et plus.
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