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Les fausses alarmes sont payantes mais accaparantes

Crédit: Pierre Latour
Crédit: Pierre Latour
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Les fausses alarmes sont payantes pour les municipalités. À preuve, les coffres des Villes de Blainville, Boisbriand, Rosemère et Sainte-Thérèse ont pu bénéficier de près de 300 000 $, au cours des trois dernières années, selon les données obtenues par L'Écho de la Rive-Nord en vertu de la loi d'accès à l'information.

C'est la Ville de Blainville qui bat tous les records. Bien que l'aspect démographique entre en ligne de compte, elle a empoché, à elle seule, plus de 150 000 $ au cours de la même période. De quoi faire une nouvelle section dans les entrées d'argent du budget de la municipalité.

Mais quoi qu'il en soit, ce sont en moyenne 150 amendes qui sont remises à des particuliers et des entreprises chaque année.

Pour les municipalités concernées, tout déclenchement du système d'alarme d'un bâtiment occasionnant l'intervention des services policiers, alors qu'aucune preuve d'intrusion, d'effraction ou de sinistre n'a pu être constatée sur les lieux, est considéré comme une fausse alarme et engendre automatiquement une amende de 50 $ dès la deuxième entrave, de 100 $ à la troisième entrave et de 200 $ à la quatrième fausse alarme et aux suivantes.

Des milliers de déplacements inutiles

À la Régie intermunicipale Thérèse-De Blainville, le nombre de déplacements policiers reliés à de fausses alarmes, bien qu'il soit en diminution, demeure toutefois impressionnant. En 2005 et 2006, ce n'est pas moins de quelque 7700 appels qui ont été transmis à la régie et pour lesquels des policiers se sont déplacés sans raison apparente. Selon les chiffres obtenus, moins d'un pour cent des alarmes étaient fondées.

En 2006, un comité de travail à l'interne a d'ailleurs été créé pour évaluer la problématique et proposer un plan d'action aux diverses municipalités desservies par la régie. Les résultats ont été fructueux. En 2009, le service de police a constaté une diminution de plus de 50 % de ces fausses alarmes. «C'est donc dire que le plan de travail fonctionne bien», commente Martin Charron, policier responsable de la prévention, des relations communautaires et des affaires publiques à la régie.

Celui-ci explique d'ailleurs qu'il fallait agir, car beaucoup de temps se perdait sur ces fausses alarmes qui sont de priorité deux sur une échelle d'un à neuf (un étant le cas le plus urgent).

«On ne peut jamais prendre pour acquis qu'une alarme n'est pas fondée, car en principe, quand un système d'alarme fonctionne bien, il n'est pas supposé sonner. On peut donc croire qu'il y a un suspect potentiel sur les lieux. C'est pour cette raison qu'on doit toujours se rendre le plus rapidement possible. Outre le temps de déplacement, les policiers passent en moyenne au moins 10 minutes sur les lieux pour faire les vérifications adéquates aussitôt qu'une alarme se rend à la régie.»

C'est donc dire qu'en 2005 et 2006, les policiers de la régie auraient passé, au minimum, plus d'une cinquantaine de journées complètes à gérer de fausses alarmes, soit plus de 1200 heures.

Des installateurs en cause

Selon Claude Larocque, propriétaire de la compagnie ACL Sécurité qui installe des systèmes d'alarme sur la Rive-Nord, c'est principalement le travail d'un installeur qui peut être à blâmer dans le cas de fausses alarmes.

«Depuis les dernières années, les fournisseurs ont fait d'énormes efforts pour améliorer leurs produits. Si l'appareil est bien installé, il ne devrait y avoir aucun problème», explique l'installateur qui a un taux de fausse alarme inférieur à un pour cent. Or, selon celui-ci, certaines personnes sont insouciantes et installent un système sans se préoccuper de l'environnement. «La position de l'appareil et les animaux sont à prendre en considération.»

Quoi qu'il en soit, M. Larocque est conscient qu'un système d'alarme demeure un appareil et que des défaillances d'ordre technique peuvent survenir. Une mouche qui se déposerait directement sur la lentille pourrait, par exemple, faire déclencher l'alarme.

Malgré le nombre de fausses alarmes, l'agent Martin Charron de la Régie intermunicipale Thérèse-De Blainville encourage tout de même les personnes à se munir de ce type d'appareil. «Quand ça fonctionne bien, c'est utile, croit-il. Malgré tout, les citoyens sont de plus en plus conscientisés. On est sur la bonne voie», conclut celui-ci.

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