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Guerre ouverte entre photographes et ornithologues

Les associations demandent aux photographes de ne pas appâter les harfangs des neiges.
Photo: Courtoisie / Richard BeauchampLes associations demandent aux photographes de ne pas appâter les harfangs des neiges.
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Les harfangs des neiges sont très nombreux cette année et l’occasion est tentante, pour les photographes, de les appâter. Mais les spécialistes sont catégoriques : nourrir ces rapaces est dangereux.

Noémie Roy est éducatrice pour l’Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie (UQROP). Elle explique pourquoi ce comportement n’est pas éthique.

«Plus les oiseaux sont nourris par l’homme, plus on en voit à la clinique car ils se rapprochent, entrent dans les maisons ou se font frapper par des voitures», dit-elle.

Cette année beaucoup d’entre eux se sont installés à Mirabel, autour de l’aéroport. Mme Roy explique qu’une vingtaine d’oiseaux ont été amenés à la clinique, ce qui est un chiffre record. Les raisons sont variées : accident de voiture, frappé par un avion ou coincé dans la glace.

L’utilisation des appâts en question

Certains photographes apportent des appâts vivants pour attirer les oiseaux. Le risque, selon Mme Roy, est que les oiseaux s’habituent à être près des humains et qu’ils deviennent agressifs. Elle explique que ces oiseaux sont solitaires et doivent le rester.

«Il ne faut pas qu’ils changent leur comportement dans la nature», dit-elle.

Réjean Duval est vice-président et secrétaire du Club d’Ornithologie de Mirabel. Il explique que de plus en plus de safaris photo sont organisés pour les touristes. Les gens payent pour prendre des harfangs des neiges en photo donc les organisateurs n’hésitent pas à les appâter.

De plus, les groupes de touristes ou de photographes, dit-il, arrivent à plusieurs voitures ce qui fait du bruit et empêche les harfangs d’entendre les rongeurs sous la neige.

«On ne comprend pas ce comportement parce que, maintenant, les gens ont des lentilles très puissantes et ils ne sont donc pas obligés de s’approcher autant», dit M. Duval.

Une saison exceptionnelle

Il y a beaucoup de harfangs des neiges cette année. Pour Mme Roy, un tel évènement se produit tous les 10 ans. «Ça dépend de ce qu’ils ont mangé pendant l’été et du nombre de jeunes qui ont survécu.»

Les harfangs viennent de la toundra arctique dans le nord du Québec. Comme ces oiseaux sont très territoriaux, plus ils sont nombreux plus leur territoire est grand. «Cette année, on en trouve jusqu’en Floride», dit-elle.

Ne pas approcher un oiseau blessé

Mme Roy déconseille aux particuliers de s’approcher d’un harfang des neiges blessé car il peut donner des coups de bec.

Il faut appeler les agents de protection de la faune qui sont formés en premiers soins d’oiseaux de proie et équipés en matériel de transport.

 

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