Jean Bouchard prêt à travailler en collaboration avec le ministre des Transports
Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, attendait cette rencontre depuis un an. Il l’a obtenue lundi matin alors qu’il a été reçu dans les bureaux du ministre des Transports, Robert Poëti. Au menu de ce rendez-vous de 90 minutes, bien sûr, le litigieux dossier de la gare de Saint-Janvier.
Accompagné pour l’occasion de la députée de Mirabel, Sylvie D’Amours, M. Bouchard est sorti fort satisfait du bureau du grand patron des transports.
«Ce fut une rencontre des plus constructives et des plus amicales. Le ministre s’est montré très attentif et très à l’écoute des besoins d’une gare. Le ministre croit à une gare à Mirabel», a indiqué le maire, joint par téléphone, lundi après-midi.
Vendredi dernier, le ministre Poëti avait confié à L’Écho de la Rive-Nord qu’une gare à Saint-Janvier ne serait pas dans les cartons tant qu’elle ne ferait pas consensus dans la communauté.
Il avait aussi mentionné être peu impressionné par le nombre d’usagers qui sauteraient dans le train de banlieue à l’arrêt de Mirabel. Selon l’étude qu’il avait consultée, cette nouvelle gare serait utilisée par quelque 250 personnes.
En réaction à ses propos, Jean Bouchard a confié avoir donné l’heure juste au ministre.
«Selon les informations qu’il avait reçues, cela ne faisait pas consensus. On lui a démontré que plusieurs d’entre nous, notamment la députée et moi-même, veulent travailler main dans la main pour faire avancer ce projet», confie-t-il.
Cette volonté d’unir les efforts de chacun dans ce dossier se démarque de la relation conflictuelle qu’ont eue leurs prédécesseurs. Pendant plusieurs années, la gare a attisé de vives tensions entre l’ex-maire de Mirabel, Hubert Meilleur, et l’ex-députée de la même circonscription, Denise Beaudoin. Le choix du site a toujours été au coeur de cet imbroglio.
Quant à savoir s’il tenterait de rallier les groupes opposés à la construction d’une gare à Mirabel, M. Bouchard s’est montré un peu plus incisif.
«On va se le dire. Ce n’est pas une Fondation David Suzuki qui va nous dire quoi faire dans notre planification en matière de transport en commun à Mirabel».
Statistiques différentes
Lors de la rencontre, M. Bouchard a également informé M. Poëti sur l’état des lieux des deux sites visés pour accueillir une future gare, soit la rue Victor et la rue Charles.
«Plus on attend, plus on reporte le dossier et plus le développement résidentiel se poursuit dans ces secteurs. Il fallait le mettre au courant de cette réalité».
Pour ce qui est des statistiques d’achalandage évoquées par le ministre Poëti, le maire considère avoir en mains d’autres données. «Nous sommes persuadés que, dès la première année de mise en service, il y aurait au minimum 600 usagers», a-t-il indiqué.
Changement de ton
Le premier magistrat s’est dit prêt à travailler en étroite collaboration avec le ministre. Il a promis de calmer le jeu et de changer le ton lorsqu’il est question de la gare. Fini la confrontation avec le gouvernement. Place maintenant à la collaboration.
«Loin de moi l’idée de mettre des bâtons dans les roues du ministre. Maintenant, je ne lui mettrai plus de pression. Je travaillerai en collaboration avec lui puisqu’il nous a fait part qu’il croyait à une gare à Mirabel».
Il a ajouté que le conseil municipal allait se positionner au cours des prochaines semaines sur le choix d’un site. Dans la dernière étude réalisée par l’Agence métropolitaine de transport, les sites de la rue Victor, en zone agricole, et de la rue Charles, en zone urbaine, avaient été ciblés comme étant ceux avec le plus grand potentiel.
Depuis dix ans, le conseil municipal a toujours privilégié le site de la rue Victor.

