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Mouvement Solidarité boîtes de dons

Les boîtes de la discorde

durée 18h47
25 mai 2015
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Simon Servant
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Par Simon Servant, Journaliste

Depuis plusieurs mois, les boîtes de dons disparaissent peu à peu du paysage des Basses-Laurentides, au grand dam de certains organismes, qui ne peuvent aider la population en raison des réglementations adoptées par la plupart des municipalités.

Les dernières années n'auront pas été de tout repos pour le Mouvement Solidarité boîtes de dons, qui soutient l’aide aux personnes grâce au financement provenant de la collecte de vêtements dans des boîtes caritatives.

L'organisme a vu plusieurs règlements municipaux voir le jour afin d'enrayer la prolifération des boîtes de dons dans les Basses-Laurentides. Toutefois, le problème va bien au-delà de ça. Des cas de fraudes ont été répertoriés, faisant en sorte qu'il n'y a plus aucune séparation entre le vrai et le faux.

« Récemment, des entrepreneurs privés ont installé de fausses boîtes dans le Grand Montréal et ils dupent la population, qui croit remettre cet argent ou ces vêtements à des œuvres de charité. Je comprends les municipalités de vouloir stopper ce fléau, mais en les interdisant sans exception, elles privent les plus démunis d'une aide importante », a exprimé Philippe Siebes, directeur général de la fondation Le Support.

En 2014, les 32 boîtes du Support ont permis de donner 136 421 $ à des organismes de la région, dont Parrainage Civique Basses-Laurentides, le Mouvement Personne d’Abord Ste-Thérèse ou encore le Centre de formation continue des Patriotes.

Le cas Blainville

Dans la région, Rosemère et Sainte-Anne-des-Plaines ont été catégoriques, les boîtes de dons, de toutes formes soient-elles, sont interdites sur le territoire. Bien que certaines localités ont décidé d'adopter des règlements un peu plus souples, la diminution du nombre de ces boîtes s'est imposée.

Récemment, c'est la Ville de Blainville qui a défrayé les manchettes en adoptant un règlement les interdisant sans établir de distinction entre les organismes de charité véritables et les fausses fondations. Au grand désarroi de Mouvement Solidarité boîtes de dons.

Après avoir sollicité deux fois des rencontres auprès du maire, Richard Perreault, l'organisme a finalement pu rencontrer le directeur général de la Ville, qui est resté sur la position adoptée au conseil.

« C'est dommage parce qu'on ne s'attaque pas au vrai problème en faisant ça. Nous avons neuf boîtes à Blainville et elles sont installées depuis 2005. Nous n'avons jamais eu de représailles de la municipalité et maintenant, il faut tout retirer », a affirmé M. Siebes.

Pendant plusieurs semaines, l'Écho de la Rive-Nord a attendu un retour de la part de Blainville concernant certains questionnements, mais en vain.

Ailleurs dans les Basses-Laurentides

À Saint-Eustache, Boisbriand et Mirabel, trois endroits des Basses-Laurentides qui accueillent plusieurs boîtes caritatives, les organismes doivent se plier à bon nombre de règlements, mais ils ont toujours l'opportunité de faire leur travail.

En avril dernier, la Ville de Mirabel a adopté un avis de motion légiférant ces boîtes. Bernard Poulin, directeur des communications de la municipalité, a mentionné à l'Écho de la Rive-Nord que la raison principale était de diminuer leur nombre tout en limitant leur présence aux terrains des centres caritatifs de Mirabel.

En août 2014, Saint-Eustache a fait passer de 50 à 5 les boîtes de dons sur son territoire. Ces dernières répondent d'ailleurs aux critères de la Ville. En plus du nombre impressionnant, Stéphanie Bouchard, des communications, a ajouté certaines problématiques, comme la pollution visuelle, les problèmes de visibilité ou des installations sans autorisation.

Finalement, à Boisbriand, les organismes qui souhaitaient y installer une boîte de dons devaient être enregistrés auprès de l'Agence du Revenu du Canada et avoir toutes les informations relatives sur leur conteneur.

Une solution potentielle

Pour M. Siebes, cet enregistrement auprès de l'Agence du Revenu du Canada est primordial et devrait faire partie de la solution afin de délimiter les balises du droit d'installation d'un conteneur de dons.

« Il y a des façons de réglementer sans nuire aux organismes légitimes. Nous avons développé un projet de règlement avec un cabinet d'avocat de Montréal pour que les élus comprennent que pour installer une boîte de dons, il faudrait être enregistré à l'Agence du Revenu, avoir une entente avec la Ville et avoir une entente avec le partenaire commercial. Nous aurions aimé que ce soit adopté », a-t-il indiqué.

Autre point soulevé par le directeur général du Support, c'est le montant important amassé au cours des dernières années ainsi que la quantité considérable de vêtements recueillis depuis l'installation de ces boîtes.

« L'année dernière, nous avons amassé pas moins de 153 000 livres de vêtements par l'entremise de nos boîtes. Si on le fait, c'est parce que les gens donnent. Tout le monde est perdant dans cette situation. J'ai l'impression que parce que c'est une décision politique, comme c'est le cas à Blainville, il n'y a pas de discussion et c'est tant pis pour nous », a ajouté M. Siebes.

Population mobilisée

En mars dernier, l'organisme Mouvement Solidarité boîtes de dons a organisé un rassemblement afin de faire circuler une pétition concernant ce dit règlement.

300 signatures plus tard, quelques citoyens ont évoqué le fait que la disparition des boîtes caritatives entraînerait une énorme quantité d'articles jetés aux poubelles en plus de faire perdre des sommes nécessaires au bien-être d'une partie de la population.

Leur opinion est d'ailleurs toujours souhaitée et il est possible d'obtenir plus de détails à propos de cette situation sur la page Facebook de l'organisme, au www.facebook.com/boitesdedons.

À LIRE SOUS UN MÊME THÈME :

http://www.lechodelaval.ca/actualites/societe/234189/une-boite-de-dons-de-vetements-qui-fait-jaser 

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