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Santé

Nouvelle approche moins invasive pour combattre le cancer du poumon

Nouvelle approche moins invasive pour combattre le cancer du poumon
Photo: La Presse Canadienne, 2023

Il est possible de préserver une plus grande partie des poumons des patients atteints d'un cancer du poumon au stade précoce sans pour autant compromettre leur pronostic, constate une nouvelle étude à laquelle a participé un chercheur de Québec et dont les résultats ont été dévoilés en primeur à La Presse Canadienne.

L'approche chirurgicale novatrice examinée par le docteur Massimo Conti et ses collègues permet de préserver jusqu’à quatre fois plus de volume de tissu pulmonaire qu’avec l’intervention traditionnelle de résection d’un lobe, démontre les travaux publiés par le prestigieux New England Journal of Medicine.

«On a pu prouver que sous certaines conditions, c'est-à-dire de trouver des cancers en phase initiale, qu'on peut faire des chirurgies plus conservatrices», a résumé le docteur Conti, qui est chirurgien thoracique à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et chercheur au Centre de recherche de l’IUCPQ-Université Laval.

«C'est donc une bonne nouvelle pour les patients.»

La chose la plus importante avec cette intervention est d'identifier les bons candidats, a dit le chirurgien. «On parle beaucoup aujourd'hui de médecine personnalisée en pensant à des analyses très sophistiquées, mais on peut dire que la chirurgie aussi est personnalisée».

Les chercheurs ont recruté quelque 700 patients qui présentaient une tumeur de moins de deux centimètres de diamètre à un poumon, sans métastase aux ganglions. Environ la moitié d'entre eux ont subi une résection totale d’un lobe pulmonaire et l'autre moitié une résection partielle. Dans le second cas, la chirurgie enlève deux à quatre fois moins de volume de tissu pulmonaire.

Cinq ans plus tard, les deux groupes affichaient des taux identiques de récidive de cancer (64 %), de survie globale (80 %) et de taux de récurrence du cancer (30 %).

Puisque les progrès en imagerie médicale et la mise en place de programmes de dépistage permettent maintenant de détecter plus précocement les tumeurs pulmonaires, il fallait remettre en question l'approche chirurgicale traditionnelle qui consistait à enlever un lobe complet, a expliqué le docteur Conti, qui est également professeur de clinique associé à la Faculté de médecine de l’Université Laval.

«La manière dont on découvre aujourd'hui les cancers des poumons a évolué, donc on n'a pas exactement les mêmes maladies qu'on avait il y a dix, quinze ou vingt ans, a-t-il dit. C'est plus fréquent d'avoir des maladies plus précoces, surtout avec les programmes de dépistage.»

Cette intervention moins agressive permettra notamment de préserver une plus grande capacité pulmonaire, et donc potentiellement d'améliorer la qualité de vie du patient. Elle nécessite toutefois une connaissance approfondie de l'anatomie, une formation spécifique, des outils modernes et des techniques opératoires fines, a dit le spécialiste.

Non seulement la résection partielle est-elle moins invasive, et non seulement préserve-t-elle le poumon, mais elle laisse aussi plus de marge de manœuvre pour une nouvelle intervention chirurgicale en cas de récidive, a dit le docteur Conti.

«Parfois les patients ont deux ou trois lésions qu'il faut surveiller, donc ça permet d'avoir toujours la meilleure solution possible aujourd'hui pour le cancer du poumon, qui est la chirurgie, a-t-il précisé. Et même si on a une deuxième ou une troisième localisation, on garde la porte ouverte à la chirurgie à plusieurs reprises.»

Une autre étude internationale, celle-là menée au Japon, en était venue à des conclusions similaires.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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