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Des services locales ou régionales menacés

Transport collectif: des transporteurs interurbains dénoncent les coupes de 200 M$

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6 février 2026
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Par La Presse Canadienne

Une organisation représentant des transporteurs interurbains par autobus dénonce, à son tour, les coupes de 200 millions $ du gouvernement Legault dans le transport collectif. Les services de certaines lignes locales ou régionales se trouvent menacés, avance-t-elle.

La Fédération des transporteurs par autobus (FTA) joint sa voix à d'autres groupes, dont l'Union des municipalités du Québec, pour demander au gouvernement caquiste de reculer sur sa décision.

L'enveloppe du Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC) a été abaissée à 998 millions $ pour la période du 1er avril 2025 au 31 mars 2028. Le nouveau budget du programme a été révélé récemment. Il a suscité l'indignation et l'étonnement de plusieurs.

Selon la FTA, les coupes feront passer l'aide financière prévue par ligne de transport interurbain par autobus de 185 000 $ à 125 000 $ annuellement.

«Chaque transporteur fait évidemment ses propres analyses sur son réseau, mais cette nouvelle-là et ce nouveau programme-là ne peuvent pas entraîner autre chose que des réductions de services, voire même des abandons de ligne potentiellement», affirme le vice-président division secteur public à la FTA, Nicolas Maheux, en entrevue.

Les lignes les plus susceptibles d'en subir les conséquences sont des liaisons davantage locales ou régionales, précise-t-il.

Celui qui est aussi directeur général du Groupe Autobus Maheux en Abitibi-Témiscamingue mentionne que son entreprise se penche sur l'avenir de deux lignes: Amos-Rivière-Héva et Chibougameau-Val-d'Or.

«On n'a pas encore statué exactement sur ce qu'on va devoir faire comme réduction de services. (...) Mais sans soutien public pour ces services-là, on va devoir penser à réduire l'offre malheureusement, ce qui est exactement le contraire de ce qu'on veut. Et les premiers à payer pour ça vont être les usagers», déplore M. Maheux.

Il rappelle que les transporteurs doivent obtenir l'autorisation de la Commission des transports du Québec avant de procéder à tout changement à leurs services.

La FTA souligne que l'aide financière prévue dans l'enveloppe des dernières années était «déjà insuffisante». Elle espérait une hausse du budget reflétant notamment l'inflation dans la nouvelle mouture du programme.

«L'aide financière disponible avec le volet 3 du programme permet de maintenir des services qui sont déficitaires. (...) Le gouvernement fait le choix en mettant ce programme-là en place de soutenir ces lignes-là pour maintenir des services, même à des endroits où la rentabilité est définitivement problématique», explique M. Maheux.

Le ministre des Transports, Jonatan Julien, a soutenu la semaine dernière que l'appui de 998 millions $ est «un niveau nettement supérieur» à celui observé avant la pandémie.

Des modalités «inadaptées»

La FTA souhaitait par ailleurs une révision des modalités au PADTC, qu'elle juge actuellement «inadaptées et rendent l’aide financière inaccessible pour les communautés et les entreprises».

M. Maheux pointe que de l'argent du programme reste inutilisé, puisque l'une des conditions pour y avoir accès est un engagement financier de la part des MRC pour couvrir une partie des coûts. Plusieurs d'entre elles hésiteraient à avancer des fonds de leurs propres budgets pour soutenir des services qui dépassent leurs frontières.

«On demande que les modalités du programme permettent aux transporteurs et aux usagers de l'interurbain de bénéficier des sommes que Québec est prête à investir sans que le milieu municipal ait à s'engager à débourser pour des services qui débordent de leurs frontières», soutient M. Maheux.

En juin 2020, la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue interpellait d'ailleurs le gouvernement concernant le transport collectif régional interurbain en soutenant que «les MRC ne paieront plus pour Québec». Ils soutenaient que le transport interurbain relève de Québec.

La FTA compte six compagnies de transports interurbains parmi ses membres, dont Keolis et Transdev.

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

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