Santé Québec
Une entente entre la FIQ et Québec clarifie l'inscription de patients par des IPS
Par La Presse Canadienne
Santé Québec doit conclure des ententes avec chaque groupe de médecine de famille (GMF) pour permettre aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) d'inscrire directement des patients à leur nom, ce qui était réservé aux médecins jusqu'à présent.
Une entente a été conclue le 16 mars entre la FIQ et le ministère de la Santé pour clarifier et encadrer le rôle des IPS au sein des GMF.
Ça avait été annoncé dans le projet de loi 19 (qui réécrit la loi 2), mais l'entente vient assurer que les GMF procèdent au changement. «Le projet de loi était quand même assez général, c'était une intention. Il n'y avait pas vraiment de moyens clairs et définis pour contraindre ou s'assurer que ce soit réellement chose faite», commente Jérôme Rousseau, vice-président du secteur organisation du travail et pratique professionnelle ainsi que du secteur négociation à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).
Il explique que le ministère de la Santé fournit des ressources du réseau public de la santé, mais que c'est à Santé Québec de conclure des ententes de collaboration avec chacun des GMF, qui sont des entreprises privées collaborant avec le système public.
Celles qui travaillaient dans des cliniques IPS pouvaient déjà faire l'inscription de patients à leur nom, mais elles sont une minorité des quelque 1400 IPS qui œuvrent en première ligne au Québec. «La grande majorité des IPS en première ligne travaillent en GMF, c'est le plus grand bassin de nos IPS actuellement», confirme M. Rousseau.
Le nombre de patients qu'une IPS peut inscrire varie selon la complexité des cas, mais entre 700 000 et 1,4 million de patients pourraient être inscrits. Plusieurs patients sont cependant déjà suivis par une IPS, mais ils sont inscrits au nom d'un médecin. Ce sera aux GMF de décider comment ils vont procéder aux transferts.
L'entente conclue avec la FIQ prévoit que Santé Québec dispose des leviers nécessaires pour intervenir si un GMF s'oppose à l'inscription des patients par les IPS.
«On s'est assuré que les GMF doivent respecter les conditions de travail des IPS parce que les IPS sont des salariés syndiqués qui sont sous la gouverne de Santé Québec. Donc, dans les anciennes versions, avant le projet de loi 19, ce n'était pas clair. Il y avait beaucoup d'éléments qui contrevenaient à ça», soutient M. Rousseau.
«L'autre partie, c'est là le gain vraiment intéressant pour les IPS, on est venu reconnaître que les IPS, leur rôle va être bien encadré. On est vraiment dans une dynamique de collaboration avec les médecins, il n'y a plus de hiérarchie entre le médecin et l'IPS. Ça va vraiment permettre aux IPS d'inscrire des patients à leur nom et ils vont déterminer entre les IPS et les médecins la meilleure façon de partager ces inscriptions de patients, et c'est ça qu'on est venu conclure avec le ministère: Santé Québec a la responsabilité dans les prochaines journées, dans les prochaines semaines, de conclure avec tous les GMF», détaille le porte-parole de la FIQ.
Il précise que c'était clair sur papier que les IPS avaient une autonomie de prise en charge, mais pas dans la pratique. M. Rousseau croit que ce changement pourrait attirer de futures infirmières à aller dans cette spécialisation. «Là, ça se confirme par l'inscription, c'est-à-dire, les IPS en première ligne ont vraiment une pratique autonome, sont capables de suivre des cohortes de patients au même titre que les médecins. D'une perspective professionnelle, c'est super intéressant. C'est une reconnaissance, enfin, du rôle des IPS.»
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne
