Moins de 16 ans
Boissons énergisantes: plusieurs organisations sportives en faveur d'une interdiction
Après le milieu scolaire, voilà qu'une dizaine d'organisations sportives du Québec réclament l'interdiction des boissons énergisantes aux moins de 16 ans.
Sports Québec, qui représente 67 fédérations sportives, le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) et la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) se sont joints, mardi, au Mouvement Zachary Miron.
S'ajoutent aussi la Ligue de développement du hockey M18 AAA, la Fédération des éducateurs physiques enseignants du Québec, l'organisme Filleactive, l'Alliance Sport-Études et la Fondation Aléo.
Ensemble, ces organisations regroupent plus d'un million de membres, en majorité des jeunes, à l'échelle de la province.
La Fédération des kinésiologues du Québec, le Collectif Vital et l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) font désormais également partie du mouvement.
«Nous ne sommes plus seulement quelques directions d'écoles, (mais) le reflet d'une société», s'est réjouie par voie de communiqué mardi la directrice générale du Collège de Montréal, Patricia Steben.
«Tant que la réglementation ne sera pas officiellement modifiée pour protéger nos jeunes, notre mouvement continuera de croître», a-t-elle ajouté.
Zachary Miron est décédé à l'âge de 15 ans alors qu'il était en ski avec sa classe. Le mélange entre le Red Bull qu'il avait bu et son médicament pour le TDAH a causé une arythmie qui a entraîné sa mort subite.
Depuis, ses parents mènent un combat pour faire interdire la vente de ces boissons aux mineurs. Leur pétition a déjà récolté plus de 31 000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale.
Mardi, la directrice générale de Sports Québec, Isabelle Ducharme, a dit constater que les jeunes sont de plus en plus nombreux à consommer des boissons énergisantes.
Pourtant, une bonne performance sportive passe par une alimentation saine, de l'entraînement et du repos, a-t-elle souligné en entrevue.
«Les jeunes ont l'impression que s'ils en prennent, ils vont pouvoir courir plus longtemps, être sur la glace plus longtemps, ils vont pouvoir être plus éveillés pour faire une performance. »
«Mais au bout de la ligne, pour faire une performance, c'est de l'entraînement, c'est d'apprendre la technique, comprendre son sport, (...) avoir un temps de repos nécessaire pour la récupération», a-t-elle déclaré.
Selon elle, les ados aujourd'hui achètent des boissons énergisantes «à la caisse», sans être conscients des risques. «Au dépanneur, oui on devrait être "carté" si on veut en acheter», affirme-t-elle.
Elle insiste: «T'as pas besoin d'alcool, t'as pas besoin de drogue, t'as pas besoin de boissons énergisantes pour "scorer" un but au hockey.»
Dans un document récemment transmis à La Presse Canadienne, l'Association canadienne des boissons (ACB) souligne que ses produits sont soumis à «des exigences strictes établies par Santé Canada».
Elle note que l'organisme de réglementation impose une limite de caféine dans les boissons énergisantes, qui d'ailleurs sont «commercialisées dans le monde entier depuis plus de 30 ans».
De son côté, le député Guillaume Cliche-Rivard, de Québec solidaire, a rappelé mardi que 86 % des Québécois sondés disent appuyer l'interdiction aux moins de 16 ans.
«Le mouvement pour encadrer les boissons énergisantes chez les mineurs ne s'essouffle pas, il prend de l'ampleur! (...) Devant un tel consensus, le gouvernement doit passer à l'action.»
«La ministre de la Santé Sonia Bélanger a écouté, c'est bien. Maintenant, elle doit s'engager à protéger concrètement la santé et la sécurité de nos jeunes.»
«Québec solidaire est prêt à collaborer pour faire adopter rapidement une loi qui encadre la vente et la distribution de boissons énergisantes aux moins de 16 ans», a-t-il déclaré.
Caroline Plante, La Presse Canadienne
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