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«Un mort par jour», nouvelle campagne choc de la SAAQ

«Un mort par jour», nouvelle campagne choc de la SAAQ
Photo: La Presse Canadienne, 2026
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Comme le message ne percole plus autant dans la population, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a lancé cette semaine une campagne choc pour inciter les conducteurs à adopter des comportements sécuritaires, et ainsi réduire le nombre de victimes.

Chaque jour, en moyenne, une personne meurt sur les routes du Québec. Automobilistes, motocyclistes, cyclistes, piétons ou conducteurs de véhicules lourds: personne n’est épargné.

Pour illustrer cette statistique alarmante, une victime potentielle est présentée au grand public au même rythme que les décès observés sur le réseau routier.

«On peut ignorer des chiffres, mais pas des humains. Un mort sur la route est toujours un mort de trop», déplore le président-directeur général de la SAAQ, Serge Lamontagne.

Cette campagne percutante vise à la fois à humaniser les victimes, à rappeler la responsabilité individuelle de chaque conducteur et à montrer l’incidence directe des comportements routiers sur le nombre de morts et de blessés.

Pour élaborer le concept, la SAAQ a mandaté son fidèle partenaire, l’agence de marketing LG2, avec qui elle travaille depuis déjà une quinzaine d’années.

«On a tous eu la même réaction dans l'équipe en apprenant qu’il y avait eu 371 décès en 2025. On s'est dit: "mon Dieu, c'est un par jour, c’est trop, ça n'a aucun sens!" On s’est demandé comment on pouvait faire réaliser aux gens qui, comme nous, oublient ces chiffres-là parce que ça devient des données et que ce n'est pas si tangible que ça. À partir de là, la mécanique s'est établie, on s’est dit: "allons-y pour une approche très directe, très humaine, pour mettre des visages sur ces décès tragiques". C’est de là qu’est venu le principe de faire une publicité par jour pour rappeler qu’il y a un décès par jour sur nos routes», explique Nicolas Boisvert, vice-président création chez LG2.

La SAAQ a approuvé sans hésiter cette proposition. Chaque publicité utilise la même formule, soit «Il y a un mort par jour sur les routes du Québec. Aujourd’hui, c’est moi», mais chaque fois dans un contexte différent.

«Quand LG2 a présenté ce concept-là au Service des stratégies de communication en sécurité routière, on s’est dit: "wow, c’est en plein ça!" C’est quelque chose de plus choc qui fait appel à l'imaginaire et qui vient nous toucher pour qu'on se sente concerné», indique Geneviève Côté, porte-parole de la SAAQ.

Certes, le bilan est nettement meilleur qu’il y a 20 ans, alors qu’il y avait deux fois plus de morts sur les routes, «mais on a vu dans les dernières années que c’était plus difficile d'aller faire des gains», souligne Mme Côté, ce qui a incité la SAAQ à «arriver avec quelque chose de différent, où les gens vont encore plus s'identifier et voir qu’il y a des humains derrière les chiffres».

«C’était une décision consciente de faire des messages qui ne sont pas agréables à voir pour montrer que ça n'a pas de sens, renchérit M. Boisvert. Ça s'imposait, dans ce cas-ci, de retourner à une approche plus frontale, plus directe.»

Par ailleurs, la période choisie pour présenter cette campagne «n’est pas un hasard», indique Mme Côté. «Au printemps, c'est le retour des usagers vulnérables sur la route: les piétons, les cyclistes et les motocyclistes. Il faut donc se réhabituer, comme automobiliste, à croiser ces usagers vulnérables sur la route.»

Sébastien Auger, La Presse Canadienne

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