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2 août 2011 - 09:05

La région conservera son ciné-parc

Par Josiane Yelle

Le ciné-parc du Groupe Mathers, situé à Saint-Eustache, échappera au sort de la plupart des ciné-parcs du Québec dont la survie est en péril en raison du passage au numérique.

Actuellement, la numérisation des salles de cinéma est solidement enclenchée, car l'implantation totale des écrans en numérique doit être terminée à la fin de l'année 2012, pour être admissible à un plan d'affaires mis en place par les distributeurs majeurs.

Selon un court article de Tom Fermanian, conseiller technique à l'Association des propriétaires de cinémas et de ciné-parcs du Québec, « plus il y aura de films présentés en format numérique, moins nos fournisseurs commanderont des copies en 35 mm. Par conséquent, le coût de fabrication augmentera substantiellement ».

Il serait donc possible que les pellicules 35 mm soient vouées à disparaître dans un avenir rapproché et que la numérisation devienne un passage obligé même pour les propriétaires de ciné-parc pour qui la décision est laissée à leur discrétion. La question de la rentabilité est toutefois soulevée, alors que le cinéma en plein air est disponible seulement quatre mois par année et qu'il est tributaire de la température.

Selon Brigitte Mathers, présidente du Groupe Mathers, il y aurait beaucoup de questionnements, car les dépenses d'immobilisation sont considérables. « Il y en a quelques-uns qui décident de ne pas investir. On parle d'environ 100 000 $ par écran. Est-ce que ça vaut la peine de réinvestir si un terrain, par exemple, peut être revendu plus cher », se questionne-t-elle.

Encore très populaire

Au Ciné-Parc Saint-Eustache, il n'y a pas d'interrogations. « On transfère au numérique. Nous prévoyons d'ailleurs faire le changement en 2012 », indique Mme Mathers.

Bien que l'investissement, de l'ordre d'un demi-million de dollars en raison des cinq écrans, soit difficile à récupérer, celle-ci précise qu'il s'agit d'une « bonne business » et qu'ils sont là pour de nombreuses années encore. « Le ciné-parc est encore très populaire et on ne connaît pas de recul. Ça demeure stable », ajoute-t-elle.

La présence du marché aux puces intérieur, sur le même terrain, permet également d'effectuer la transition plus facilement, car celui-ci est rentable toute l'année durant. Par ailleurs, les installations des trois premiers écrans sont situées dans le restaurant; pour celles-ci, moins de modifications sont donc nécessaires afin de s'assurer qu'elles soient à l'abri du froid et de l'humidité.

Au sujet d'une possible augmentation des tarifs d'entrée pour amoindrir les coûts, Brigitte Mathers a affirmé qu'ils « n'envisagent pas ça ».

Les frais de copies virtuelles

Si les coûts d'aménagement sont considérables pour les exploitants de cinéma ou de ciné-parc, la réduction de ceux-ci pour les distributeurs est non moins significative. Selon une étude réalisée en 2010 par la Société de développement des industries culturelles, « on estime généralement que le coût d'un fichier numérique de distribution représente environ 10 % du coût du tirage d'une copie de distribution 35 mm », qui lui peut varier de 1500 à 2500 $.

Pour accélérer le déploiement du cinéma numérique, un système de compensation a donc été mis en place. Il s'agit des frais de copies virtuelles pour chaque copie numérique livrée à l'exploitant en lieu et place d'une copie 35 mm. « Le principe est simple: pour le distributeur, il s'agit de faire profiter l'exploitant d'une partie de la réduction substantielle de coûts dont il bénéficie [.], de façon à contribuer au financement du coût des équipements de projection numérique. »

Ces ententes, comprenant plusieurs modalités, comportent toutefois des clauses de confidentialité.

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