Sondage du CPQ
Qualité du français en entreprise : les employeurs lancent un cri d’alarme
Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a dévoilé cette semaine les résultats d’une consultation auprès de ses entreprises membres sur le français comme langue de travail au Québec.
Alors que les gouvernements du Québec et d’Ottawa s’apprêtent respectivement à réviser leurs lois linguistiques, le CPQ a saisi l’occasion pour sonder les entreprises sur la place du français au travail.
Les résultats soulignent que l’opinion des employeurs représentés par le CPQ à l’égard de l’importance de préserver l’utilisation du français au Québec ne diffère pas de celle exprimée par la population.
« Le français comme langue de travail est un avantage culturel et économique qui nous distingue. Les entreprises l’ont bien compris et mettent déjà beaucoup d’efforts en ce sens, le sondage du CPQ nous montre qu’elles sont prêtes à en faire davantage avec l’appui du gouvernement » a déclaré Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ.
Le souci de maintenir et renforcer le français comme langue de travail se reflète dans le sondage effectué auprès de membres de l'organisme.
À travers les réponses, les entreprises démontrent qu’elles sont prêtes à poursuivre leurs efforts si le gouvernement les accompagne et assure la flexibilité nécessaire.
Ainsi, 68 % des employeurs sondés sont favorables à ce que les entreprises de 25 employés et plus (plutôt que 50 employés et plus actuellement) soient assujetties à la Charte de la langue française (CFL).
Une vaste majorité d’employeurs (73 %), sont également ouverts à l’idée d’étendre l’application de la CLF, même ceux qui œuvrent dans les secteurs sous compétence fédérale.
De plus, si les employeurs appuient aux deux tiers une restriction de l’exigence d’une langue autre que le français lors de l’embauche pour les communications internes, ils sont majoritairement d'avis qu’ils devraient avoir le droit d’exiger une langue autre que le français dans leurs communications externes, notamment parce que l’économie du Québec est ouverte sur le reste du Canada et sur le monde.
À ce sujet, le CPQ est d’avis que le gouvernement fédéral doit saisir l’occasion pour mettre en place des mesures qui renforceront l’espace culturel et d’affaires francophones au pays.
Les observations de l’Office québécois de la langue française, réalisées entre 2010 et 2017, ont montré que l’usage du français comme langue de service était stable (à 96 %). La difficulté de se faire servir en français est donc demeurée marginale (4 %).
Miser sur la qualité
L’importance de la qualité du français est un enjeu posant des problèmes aux entreprises au niveau du recrutement de la main-d’œuvre et qui mérite une attention particulière de la part du gouvernement.
Rappelons qu’il y a au Québec une forte proportion de citoyens qui ne maîtrise pas la langue, les analphabètes (19,0%) et les analphabètes fonctionnels (34,3%) représentant plus de la moitié (53,3%) des Québécois. Cela a des incidences importantes dans le recrutement de la main-d’œuvre, puisque 35% des employeurs ont rejeté des candidatures pour un manque de compétences en français, pourtant en pleine pénurie de main-d’œuvre.
En cette semaine de la persévérance scolaire, la qualité du français doit être une préoccupation de tous dès le plus jeune âge. À cet effet, une statistique du ministère de l’Éducation soulignait qu’une majorité (70 %) de décrocheurs francophones en cinquième secondaire ont échoué à atteindre les exigences en français.
Le CPQ rappelle qu'il s’est toujours engagé dans l’enjeu de la protection et de la promotion de la langue française puisqu’il s’agit d’un élément distinctif du paysage socioéconomique québécois.
« Avec l’avènement des technologies et l’émergence du télétravail, il incombe à chaque employé de toute organisation d’utiliser un français de qualité, tant à l’oral que dans ses communications écrites. C’est en valorisant une langue bien parlée et bien écrite que nous assurerons le rayonnement de nos entreprises à travers la Francophonie », a conclu Karl Blackburn.
Pour consulter le rapport, visitez le site Internet du CPQ.
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