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L'homme aux petits cartons

Après avoir vécu 18 ans à Rosemère, Luc Desilets habite aujourd hui Oka. Crédit: Julie Lalancette
Après avoir vécu 18 ans à Rosemère, Luc Desilets habite aujourd hui Oka. Crédit: Julie Lalancette
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Luc Desilets prévoyait s'adonner à l'écriture à sa retraite. Or, avec la publication de Didier, le troisième tome de la tétralogie Les quatre saisons, l'auteur des Basses-Laurentides continue de devancer les échéances d'une bonne dizaine d'années.

Pourtant, rien ne prédestinait le directeur d'école à l'écriture alors qu'il ne lisait pratiquement pas, il y a une quinzaine d'années. C'est à la lecture des œuvres d'Émile Ajar que Luc Desilets s'est permis de griffonner quelques mots. Un roman en entier, d'abord, puis le premier tome de la présente série, Maëva, publié il y a deux ans.

Afin de répondre aux exigences de son éditeur, Guy Saint-Jean, qui souhaite publier les quatre tomes en quatre ans, Luc Desilets n'a eu d'autres choix que de s'imposer un rythme d'écriture. «C'est environ 10 à 15 heures par semaine, jamais plus, car sinon, je manque de focus», affirme celui qui se dit hyperactif.

Des images plutôt que des mots

À la lecture des romans de Desilets, le lecteur n'a aucune chance de se créer son propre scénario. «Je veux que tu vois ce que je vois, lance celui chez qui transpire la passion. Je veux que tu vives ce que je ressens en l'écrivant». Les lecteurs en ont d'ailleurs la confirmation lorsqu'ils ont la chance d'observer les images créées pas l'assemblage des mots de l'auteur.

L'homme de 50 printemps caresse d'ailleurs le rêve d'aller compléter un certificat en scénarisation, car il souhaiterait adapter ses romans au petit écran. «J'aimerais tâter le pouls, éventuellement».

L'écriture au masculin

À la lecture des trois premiers romans, le lecteur se retrouve devant une écriture différente qui le mène inévitablement dans la tête d'un homme. «L'écriture, c'est un loisir pour moi. Je ne suis pas prêt à suivre la formule gagnante pour vendre davantage de copie». Tout de même, Maëva s'est déjà vendu à plus de 3000 exemplaires alors qu'il en faut 4000 pour qu'un roman soit considéré «best-seller» au Québec.

Le souci du détail semble précieux pour l'auteur qui explique son fonctionnement. Pour ne pas perdre le fil, Luc Desilets a des petits cartons où qu'il soit. «C'est un système qui fonctionne vraiment bien. J'identifie mes idées, comme ça je n'en n'oublie pas», précise celui qui sort ses dernières trouvailles de la poche avant de sa chemise.

Des thèmes universels

À lire dans l'ordre ou le désordre, les trois premiers romans de la tétralogie sont des histoires indépendantes, où l'on retrouve les quatre mêmes chums qui ont des affinités communes, mais qui ont toutefois des personnalités différentes. Après Maëva et Laurent, Didier présente une histoire qui gravite autour des relations père et fils.

«J'aimerais ensuite m'attaquer au roman policier, confie celui qui semble déjà l'avoir fait. Je voudrais sortir de la recette qui existe et écrire des «thrillers» bien ficelés». Des scénarios où l'intrigue cohabiterait avec les procédés maitrisés.

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