Le Collège Boisbriand n'obtient pas de subvention
Par Josiane Yelle - Éric Yvan Lemay / Agence QMI
Le Collège Boisbriand est un collège d'enseignement privé comme il en existe des dizaines au Québec. Mais contrairement aux autres, le ministère de l'Éducation refuse de lui donner un agrément et les subventions qui s'y rattachent.
«C'est clairement politique tout ça. On a répondu à toutes les normes du ministère pour être accrédités», lance Mario Bigras, qui dirige l'établissement privé avec Jocelyne Boivin.
L'établissement, ouvert en septembre 2009, compte déjà 390 élèves inscrits pour l'automne. Or, compte tenu du refus du ministère, les parents devront acquitter une facture de 6800 $ au lieu de 2800 $. «On estime qu'il y a une centaine d'élèves qui risquent de retourner au public parce qu'ils ne pourront pas payer. Or, au public, c'est le ministère qui va payer au complet pour l'année scolaire. On ne comprend pas la logique», déplore Jocelyne Boivin.
Un moratoire?
Selon ce qu'ils ont compris des discussions qu'ils ont eues avec les responsables au ministère, c'est l'ancienne ministre de l'éducation, Michelle Courchesne, qui aurait imposé un moratoire sur les nouveaux établissements privés.
Il y a deux semaines, ils ont reçu une communication du ministère les informant qu'ils ne recevraient pas d'agrément. Une situation difficile à gérer puisqu'une première facture avait déjà été envoyée aux parents pour les livres scolaires.
Jocelyne Boivin s'interroge d'autant plus que l'établissement flambant neuf accueille aussi des élèves en difficulté, contrairement à d'autres institutions privées subventionnées qui choisissent uniquement les plus forts. «En n'ayant pas l'agrément, on n'est admissibles à aucune subvention ou programme pour les élèves en difficulté, même si on sait qu'il reste de l'argent dans ce fonds», indique Jocelyne Boivin.
Parents compréhensifs
À la suite de ce refus de la part du gouvernement, l'institution privée a tout de même tenu à rassurer les parents, en leur envoyant une lettre indiquant qu'il y avait tout de même assez d'élèves inscrits pour faire l'année. «On répond à un besoin. Certaines familles sont prêtes à se serrer la ceinture pour pouvoir envoyer leurs enfants au privé», indiquent les directeurs.
Diane Leblanc, mère d'une enfant inscrite au Collège Boisbriand, trouve la situation frustrante. «Je me demande bien où va aller l'argent qui est dans les coffres pour ma fille et qui va en bénéficier, s'interroge-t-elle. Je paie comme tous les autres contribuables. Je ne comprends donc pas pourquoi on y a pas droit.» Celle-ci avait confiance que l'institution obtiendrait les subventions voulues. «L'an passé, on comprenait la situation. Le collège ne pouvait encore rien prouver, mais là, ce n'est pas normal.»
Caroline Beaumier, aussi mère d'une enfant inscrite au collège, est tout aussi abasourdie face à cette décision du gouvernement. Elle a tout de même décidé d'y envoyer sa fille, parce que l'institution répond à sa philosophie, en réservant plus d'une heure par jour d'activités physiques.
Quoi qu'il en soit, les deux mères ne s'avancent pas quant à la décision qu'elles prendront l'année prochaine. «Financièrement, c'est sûr qu'on se serre la ceinture», note Mme Leblanc. «L'année va coûter presque 10 000 $», conclut sa voisine, Mme Beaumier.
