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Les femmes semblent avoir des difficultés à se tailler une place dans les postes de haute direction

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25 mars 2011
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Par Josiane Yelle

Si 28 % de femmes occupent des postes de haute direction dans les entreprises privées canadiennes, la réalité de la région des Basses-Laurentides semble bien différente avec une gent féminine peu présente dans les bureaux destinés aux cadres.

Bien qu'aucune donnée officielle ne soit publiée, peu d'intervenants contactés à ce sujet ont été en mesure de nommer aisément et spontanément plusieurs noms.

Geneviève Young, qui a notamment occupé des postes de directrice, de formatrice, de gestionnaire et qui est fortement impliquée dans le milieu des affaires, affirme que les femmes sont souvent esclaves et victimes des structures.

« Je pense que l'un des problèmes, c'est la flexibilité. Au niveau des postes de direction, la structure est trop souvent masculine. En région, c'est encore plus limité parce que les regroupements d'affaires sont forts et formés depuis des années. »

Alors qu'elle siégeait dans le Comité formation emploi des Basses-Laurentides, Mme Young indique que le poil lui dressait souvent sur les bras. « Parfois, des employeurs cherchaient des candidats et ils ne voulaient pas de femmes âgées de moins de 35 ans parce que c'était trop risqué qu'elles puissent quitter en congé de maternité. C'était des PDG d'entreprises de la région et j'ai vu ça dans les dernières années », précise-t-elle en ajoutant être certaine que le phénomène se produise encore.

Des pistes de réflexion

Du côté du Réseau des femmes des Laurentides, la coordonnatrice Sophie Gilbert indique elle aussi avoir des difficultés à nommer des noms de femmes occupant des postes de haute direction dans les entreprises privées des Basses-Laurentides.

« J'aurais tendance à dire qu'il y en a beaucoup plus au niveau des petites et moyennes entreprises. Peut-être sont-elles davantage portées sur le local, se questionne-t-elle. Peut-être est-ce par intérêt ».

En plus des pistes de réflexion amenées par Mme Young, Sophie Gilbert croit qu'il manque de modèle. « C'est difficile pour une femme de s'identifier. Il semble aussi y avoir un élément du domaine du stéréotype et de la perception qui entre en ligne de compte. On associe davantage le leadership aux hommes et à la force tandis que les femmes, elles, sont souvent plus émotives. »

Celle-ci indique aussi qu'il faudrait réellement se questionner afin de connaitre l'impact de cette réalité. « Les femmes qui occupent encore le rôle social de s'occuper des enfants ont davantage de difficultés à se libérer pour aller dans des rencontres de toutes sortes. Mais elles auraient sans doute un point de vue intéressant et différent à amener. »

Geneviève Young demeure toutefois réaliste et précise que les femmes ont leur bout de chemin à faire. « Il n'y aura pas de changement temps et aussi longtemps qu'elles vont accepter d'être victime de ça. »

Une position enviable

Selon l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton qui indique qu'il y a 28 % de femmes dans les postes de haute direction au Canada, il également possible d'apprendre que la moyenne mondiale s'établit à 20 %.

Selon le même sondage effectué en 2004 au Canada, 22 % des femmes occupaient de tels postes. Ces données démontrent une évolution dans la proportion de femmes occupant des postes de haute direction.

Si des pays comme la Thaïlande, la Russie, les Philippines et la Chine dominent ce sondage, notamment parce que leur économie est en évolution rapide et que de multiples occasions de progression de carrière se concrétisent, le Canada occupe une place intéressante parmi les pays aux économies comparables, devant les pays scandinaves, la France, l'Espagne et les États-Unis.

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