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Mère à la maison: une profession en mal de reconnaissance

Photo Josiane Yelle
Photo Josiane Yelle
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Marie-Claude Abran croyait que son histoire d'amour rimerait avec toujours. Ça n'a pas été le cas. Si son ex-conjoint et ses enfants ont pu continuer leur vie, Mme Abran, elle, a dû recommencer la sienne; 23 ans auparavant, elle avait fait le choix de rester à la maison pour s'occuper des siens dans « une société qui privilégie les autres ».

Si elle a toujours dû composer avec son choix, ne serait-ce que pour le justifier mainte et mainte fois et pour obtenir une once de reconnaissance alors qu'elle se sentait comme « un ovni », c'est lors de sa séparation que Mme Abran a reçu une gifle en plein visage.

« Parce que je n'avais pas gagné de salaire en restant à la maison pour élever mes enfants, c'est comme si je n'avais pas travaillé. Je n'avais pourtant pas végété », laisse entendre la résidante de Rosemère qui avait alors un trou de 23 ans dans son curriculum vitae.

Passionnée par les fleurs, elle a alors entrepris une formation en horticulture afin d'obtenir un diplôme. « Malgré ça, je n'ai obtenu aucun emploi, car la plupart des offres nécessitait de l'expérience. » Mme Abran indique qu'elle réussissait pourtant très bien. « Toutes les années durant lesquelles je m'étais exercée ne comptaient toutefois pas ».

Un peu plus d'équité

Qui plus est, la mère de deux jeunes hommes a dû avoir recours aux tribunaux pour obtenir une pension alimentaire décente et sa part du fond de pension.

« Je n'en veux pas plus que les autres. Je veux seulement que l'état brasse les cartes et qu'elle les redistribue également. Durant la vingtaine d'années où je suis restée à la maison, je n'ai rien demandé à la société. On m'a plutôt coupé l'allocation familiale. Lors de ma séparation, j'aurais aimé que ce soit autrement. »

Marie-Claude Abran avoue qu'elle souhaite simplement que les femmes aient le choix. Assise à la table d'un petit café, elle paraît désolée. « Pourquoi suis-je obligée de me démerder et de tout recommencer? J'y ai tellement cru », finit-elle par indiquer.

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