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Contrôler le TDAH sans médication

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12 octobre 2011
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Par Josiane Yelle

Le comportementaliste Marcel Gill Grondin ne mâche pas ses mots quand il est question des prescriptions de médicaments en lien avec le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). « Ils sont en train de tuer nos enfants », affirme-t-il sans détour.

C'est la composition chimique des médicaments utilisés pour traiter le trouble de déficit de l'attention qui inquiète Marcel Gill Grondin.

« Dans le Ritalin, on retrouve la formule présente dans les médicaments qu'on donnait contre les maladies vénériennes dans les années 1940. En ce qui a trait à Adderall, il est constitué, à la base, de la même formule chimique qu'on retrouve dans la drogue du viol. L'enfant, qui est sous médication en permanence, est gelé », explique celui qui propose une tout autre façon de faire.

Au Québec, en 2010, deux garçons sur cinq et une fille sur six prenaient une médication visant à régulariser les symptômes liés au TDAH. « Si on prend tous les enfants du Québec, on a des prescriptions pour l'équivalent de 6,1 comprimés par enfant âgé de moins de 14 ans par jour. C'est énorme. »

Travailler sur les comportements

Pour fixer l'attention des enfants, l'homme médecine de la nation innu préfère user de techniques comportementales et d'apports au niveau de la nutrition, de l'exercice et de l'environnement. Selon lui, c'est la paresse qui est le véritable problème. « C'est plus facile de prendre une pilule que de travailler sur le comportement. »

Quand la technique est bien utilisée par les parents et les enseignants, il précise pourtant que les enfants n'ont plus à prendre la médication. « On travaille à partir de la gestuelle et de ce qu'on connaît de l'enfant. On prévoit à l'avance et on travaille l'humeur, l'impulsivité, les comportements sociaux, etc. »

Il y a deux ans, Marcel Gill Grondin a travaillé sur un groupe test composé de 17 enfants de secondaire un prenant du Ritalin. « À la fin de l'année, l'enseignante avait mieux réussi qu'avec ses autres classes. Sur les 17 enfants, plus de la moitié ont arrêté la médication et quatre ont monté en classe régulière, ce qui ne s'était jamais fait », raconte-t-il.

Des bâtons dans les roues

Bien qu'il travaille son approche depuis plusieurs années, M. Gill Grondin est conscient du fait qu'elle ne soit pas encore très connue.

« Au Québec, c'est beaucoup plus difficile qu'ailleurs. Je dois me battre contre les universités, l'Association des psychiatres et le Collège des médecins. C'est terrible. La médication est rendue aussi normale que si je te demandais de prendre ton déjeuner. »

Marcel Gill Grondin présentera une conférence sur le sujet le 22 octobre prochain à Saint-Jérôme. Il expliquera la composition chimique des médicaments et proposera diverses approches et techniques alternatives pour aider l'enfant, la famille et l'école afin de pouvoir vivre cette différence de façon agréable et sans apport médicamenteux.

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