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Insalubrité morbide: une entente précursive est conclue dans la région

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10 avril 2012
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Par Simon Dessureault

Une personne sur 10 000 à une sur 1000 dans la région des Laurentides à un problème d'insalubrité morbide. Une vingtaine de ces cas seulement sont signalés annuellement à l'Agence de Santé des Laurentides.

Afin de mieux intervenir auprès des gens qui souffrent de ce problème, la Ville de Sainte-Thérèse, la Direction de santé publique des Laurentides, le Centre de santé et de services sociaux de Thérèse-De Blainville et la Régie intermunicipal de police Thérèse-De Blainville ont conclu une entente de collaboration au sujet d'interventions auprès de personnes vivant dans des conditions d'insalubrité morbide.

Selon les différentes instances, cette entente permettra une mise en commun des ressources, un partage des compétences et la mise en place d'une procédure de signalement des situations.

« Historiquement, on travaillait tous chacun pour soi dans ce genre de dossiers (pompiers, police, CLSC, villes). La mise en commun des expertises va faire en sorte que l'on a plus de chance de trouver une solution permanente avec le citoyen aux prises avec cette problématique. Chaque cas est unique et complexe », explique Martin Charron, porte-parole de la Régie de police Thérèse-De Blainville.

Ce dernier mentionne aussi que plusieurs villes du Québec observeront les résultats de cette entente afin que des modèles similaires soient implantés dans d'autres régions.

Avis d'une spécialiste

Marie-Claude Lacombe, médecin-conseil à la direction de santé publique des Laurentides, se réjouit fortement de cette entente, « C'est la façon d'intervenir qui est reconnue au niveau internationale. On a commencé à le faire et ça fonctionne très bien », affirme-t-elle.

La médecin a expliqué plus en détail ce problème. « Le trouble de l'insalubrité morbide vient d'un comportement naturel de ramasser des choses. Il y a souvent un élément marquant dans la vie d'une personne qui peut amener cette situation », affirme Mme Lacombe. Par exemple, elle mentionne un cas ou une personne ne voulait pas se départir de bouteilles d'eau parce que c'est sa mère décédée qui les avait achetées.

« L'insalubrité morbide est un problème de santé mentale dans la majorité des cas alors que la démence s'installe tranquillement. Ce n'est toutefois pas toujours cela. Des fois il s'agit d'un problème fonctionnel au niveau physique », ajoute la médecin.

Les propriétaires de logements

Cette entente réjouit aussi Martin Messier, le président de l'Association des propriétaires du Québec. « Tant mieux si on peut venir en aide à ces gens, car c'est plus un CSSS qu'un huissier qui peut leur venir en aide », dit-il.

M. Messier avoue toutefois que les signalements reliés à l'insalubrité morbide doivent assurément venir des propriétaires. « Mais on informe toujours le locataire en premier lieu. S'il n'y a pas de changement ensuite, on va à la Régie du logement pour dénoncer la problématique et demander un évincement. Ce n'est pas facile parce que l'on est préoccupé par l'état de santé du locataire, mais il représente malheureusement un danger pour lui-même et les voisins. Il y a souvent beaucoup de papiers qui traînent, alors il y a des risques d'incendie », ajoute-t-il.

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