Un printemps qui a changé une vie
Par Eric Mondou
Le printemps 2012 aura laissé une trace indélébile dans la vie des étudiants qui ont été impliqués au cœur de ce conflit. Un an plus tard, les conclusions que l’on en tire sont plutôt nuancées.
Émilie Binette et Audrey Fugère, deux étudiantes du Cégep Lionel-Groulx qui militaient l’an dernier au sein des « rouges » sont conscientes qu’un printemps comme celui de l’an dernier est un phénomène éphémère.
Or, les deux étudiantes estiment qu’il faut avant tout se souvenir qu’une telle mobilisation ait su porter ses fruits avec l’annulation de la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest.
Alex Kemp, leader et porte-parole des étudiants du Cégep qui étaient contre la grève, considère avoir su tirer profit de cette expérience. « Je suis content que tout cela soit terminé et qu’on n’ait plus à se battre pour étudier. Mais je ne peux pas cacher le fait que j’ai adoré avoir pris la parole et su défendre une minorité qui ne pouvait ou ne savait comment le faire. J’ai beaucoup appris de cela », a indiqué celui qui vient de compléter sa première année universitaire.
Débat d’idées
Ce que déplorent Émilie et Audrey, c’est qu’il n’y ait eu aucun débat réel sur la question entourant l’enjeu principal, soit l’éducation.
« C’est très décevant que les discussions aient surtout tourné autour de procédures judiciaires et de détails superficiels. Il n’y a pas eu de débat de fond entre les principaux intervenants et cela est très dommage », a indiqué Émilie, coréalisatrice d’un court-métrage sur la mobilisation étudiante.
Audrey appuie les propos de sa collègue en précisant qu’elle demeurait aujourd’hui amère, non pas envers les « verts », qui ont su selon elles faire appliquer la loi, mais bien envers les solutions juridiques privilégiées par le gouvernement libéral pour mettre fin au conflit étudiant.
Alex Kemp, qui a été plus d’une fois la cible de prédilection des carrés rouges au cours de ce printemps, a dit espérer que les gens ont compris qu’il est possible d’avoir des opinions divergentes.
La police et le collège disent mission accomplie
Avec le recul, Martin Charron, porte-parole de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville et policier-parrain du Collège Lionel-Groulx, se dit très fier du travail que ses collègues et lui ont accompli durant toute la durée du conflit étudiant.
« La force de nos interventions était la communication. Autant avec les « rouges », les « verts », la direction ou le syndicat des enseignants. L’objectif était de créer un contact avec tous les intervenants et j’estime que nous avons accompli cette mission », a-t-il expliqué.
Ce dernier était aux premières loges lors des évènements du 15 mai. « Dans les minutes qui ont suivi le déploiement de la SQ, c’était surprenant de voir à quel point la tension avait diminué. Les gens présents étaient plutôt déçus de la façon que la scène s’était déroulée et surpris de l’ampleur que les incidents avaient pris », a-t-il dit.
Collège
Avec la session d’hiver qui achève, tous les chambardements au niveau des horaires, conséquences directes de la grève, sont sur le point d’être choses du passé.
Le directeur des affaires corporatives du Cégep, Yves Marcotte, estime que le défi a été relevé avec brio et professionnalisme par les membres de la communauté du collège.
« Nous devions reprendre trois sessions en une, ce qui représentait un immense défi. Avec le semestre qui prend fin le 14 juin, ce triathlon est sur le point de se terminer », a dit M. Marcottte.
