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Blainville et ses remorqueurs sont à couteaux tirés

Depuis plusieurs années, les relations sont tendues entre Blainville et ses remorqueurs.
Photo: Alarie PhotosDepuis plusieurs années, les relations sont tendues entre Blainville et ses remorqueurs.
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Depuis 2009, l’Association des professionnels du dépannage du Québec (APDQ) et la ville de Blainville entretiennent des relations tendues qui sont alimentées par plusieurs conflits encore loin d’être réglés aux yeux de certains entrepreneurs de la municipalité.

Ce dossier épineux a pris forme en 2009, lorsque la Ville a voulu se départir de sa fourrière municipale.

À l’époque, le maire, François Cantin, souhaitait négocier une convention collective avec les remorqueurs de la Ville afin de leur donner le droit de conserver les véhicules pour 30 jours, moyennant des redevances versées à la localité. Une proposition qui n’a pas fait plaisir aux entreprises de Blainville.

« La Ville souhaitait un remorquage moins dispendieux afin de garder le véhicule. C’est plus d’argent pour elle. Si des remorqueurs plaçaient un véhicule dans leur propre fourrière, elle souhaitait avoir des redevances et ce n’est pas à celle-ci d’en imposer une sur l’entreposage », a spécifié un propriétaire d’une entreprise de remorquage de Blainville.

Du côté de la mairie, on se défend d’avoir agi selon les normes. Éric de la Sablonnière, de la direction générale de la municipalité, a même déploré les pratiques de deux entrepreneurs de celle-ci.

« Des représentants de ces entreprises ont effectué des communications d’influence auprès d’élus municipaux et de fonctionnaires de la Ville, en 2009, sans avoir au préalable inscrit leurs démarches sur le site du Commissaire au lobbyisme », a-t-il expliqué, par l’entremise d’un message électronique.

Conflit monétaire

Le tout s’est envenimé quand la municipalité a décidé de faire preuve d’encore plus de transparence. Auparavant, elle donnait des mandats mensuels en alternance à deux entreprises sur son territoire avant de change son fusil d’épaule et d’aller en appel d’offres.

« Dans ce dossier, la volonté de la municipalité d’ouvrir à la saine concurrence ne plait manifestement pas aux remorqueurs de Blainville. Nous nous devons d’agir de façon exemplaire en matière d’éthique », a affirmé M. de la Sablonnière.

Puis, en décembre 2013, lors des soumissions publiques pour le mois de février, l’entreprise Remorquage PDR 2011 inc., située à Laval, a remporté le contrat de remorquage. Ce qui représentait la goutte qui a fait déborder le vase.

« Il n’y a rien d’illégal, mais la Ville est hypocrite de vanter son programme d’achat local alors que des entreprises qui y sont situées, lui payant des taxes municipales, se font damer le pion par une entreprise d’ailleurs », a fait valoir Réjean Breton, président-directeur général de l’APDQ.

Même si des membres de l’APDQ considèrent que la localité perd un million de dollars qui vont directement dans les poches de la ville de Laval, M. de la Sablonnière a conclu en spécifiant que Blainville tire des revenus à la hausse de ses opérations.

D’autres problématiques

Le bras de fer entre la municipalité de Blainville et ses remorqueurs perdure depuis plus de quatre ans et ces derniers n’ont pas fini de soulever des questionnements.

Les contrats octroyés par la Ville à des entrepreneurs de l’extérieur de Blainville laissent un goût amer à ceux qui ont pignon sur rue dans la localité depuis déjà plusieurs années.

Le propriétaire d’une de ces compagnies de remorquage soutient que les délais de remorquage dépassent parfois de 15 à 20 minutes alors que sa compagnie est près de l’endroit où l’opération doit être faite. Ce dernier considère que la mairie a erré et qu’il y a même plusieurs cas de surfacturation.

Pour surenchérir, l’entrepreneur rappelle que la Ville a offert un précédent contrat à une entreprise de Saint-Eustache, dont un employé aurait fait les manchettes à la suite d’une saisie de 1228 plants de cannabis, en octobre 2013.

Encore une fois, M. de la Sablonnière a tenu à mettre un bémol sur ces allégations.

« Lorsque la Commission des Transports du Québec a rendu sa décision d’interdire cette entreprise de mettre en circulation ou d’exploiter tout véhicule lourd, le 26 septembre 2103, nous avons mis fin au contrat le 1er octobre lors de séance du conseil de Ville. »

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