L'inversion de l'oléoduc 9B d'Enbridge sera retardée
L'entreprise pétrolière Enbridge devra patienter au moins trois autres mois avant de procéder à l'inversion du flux de son oléoduc 9B parce qu'elle n'a toujours pas respecté toutes les conditions imposées par l'Office national de l'énergie (ONÉ).
En mars dernier, l'ONÉ avait autorisé au géant pétrolier canadien d'inverser le flux de son controversé pipeline 9B, mais il s'était assuré que celui-ci respecte 30 conditions avant de le faire.
Cependant, à quelques jours du 15 octobre, la date fixée par Enbridge afin de remettre en service son oléoduc, l'ONÉ a refusé son inversion stipulant que la condition 16, qui oblige la société à installer des vannes dans l'oléoduc aux principaux points de franchissement des cours d'eau, n'était pas respectée.
Mardi, dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, le président de l'ONÉ, Peter Watson, a expliqué que la compagnie pétrolière devra soumettre des documents expliquant sa façon de satisfaire à cette condition. Elle devra le faire au moins 90 jours avant de demander une nouvelle autorisation.
Une décision rassurante
Sur la Rive-Nord de Montréal, le pipeline 9B passe par Sainte-Anne-des-Plaines, entre autres. Tentant déjà de faire valoir son point envers un nouveau joueur dans le monde pétrolier, TransCanada, le maire de la municipalité, Guy Charbonneau, s'est dit un peu surpris de voir que l'ONÉ a tenu son bout dans ce dossier.
"Lors des audiences avec les villes concernées, l'ONÉ ne nous a pas donné toutes les conditions que nous voulions pour la sécurité de nos citoyens. Je suis satisfait de voir que cette fois, il a tenu parole", a-t-il affirmé.
En ce qui concerne sa localité, le maire veut surtout savoir ce que l'entreprise envisage faire afin de conserver l'état de la faune, la flore ainsi que les cours d'eau qui occupent son territoire.
"Enbridge traverse certains cours d'eau et elle ne nous a pas dit comment elle allait faire pour s'assurer que tout soit dans l'ordre. En trois mois, elle devra se dépêcher de mener ce dossier à bien parce que sinon, elle n'aura pas l'autorisation de procéder dans notre municipalité", a indiqué M. Charbonneau, ajoutant que lui et ses conseillers bénéficient maintenant de beaucoup plus d'informations sur les dangers qu'il y a 40 ans, quand le pipeline a été construit.
La saga entourant l'inversion du pipeline 9B devra attendre avant de finalement connaître son dénouement, mais une chose est sûre, elle aura fait couler beaucoup d'encre au cours des derniers mois.

